La CNCA recentre ses activités

La CNCA (Caisse Nationale du Crédit Agricole) souffle ses quarante bougies…dans la tourmente.
Le langage à la fois direct et sérieux qu’utilisaient certains hauts cadres de la banque agricole lors d’un point de presse tenu vendredi 1er mars en témoigne. Comment en être autrement quand une banque (parce que la CNCA est une banque au même titre qu’elle est un établissement de service public) doit traiter radicalement le surendettement de plus de 148.000 clients et qu’elle traîne des arriérés de l’ordre de 7 milliards de DH. Une enveloppe qu’elle arrive difficilement à recouvrir, vu la conjoncture agricole difficile que subit le pays depuis des années déjà et l’anarchie totale dont font preuve une bonne partie d’agriculteurs quand il s’agit de choisir les cultures adaptées en fonction des caractéristiques de la région dans laquelle ils labourent.
Dans le processus de recouvrement de la CNCA, trois périodes sont à relever. Une première couvrant la période 1968-1984 avec un taux de recouvrement de 75 à 100%. Une seconde période allant de 1982 à 1989 se caractérisant par « un début d’érosion de la capacité de remboursement des clients en raison d’un surendettement de plus en plus marqué ». Résultat : le taux de recouvrement s’est vu restreint dans une fourchette de 50 à 65 %. La troisième période constitue une phase noire dans l’histoire de la CNCA puisque son taux de recouvrement oscillait entre 33 et 46 %. «Le jour où nous devions mettre en cause notre politique qui a montré ses limites ne pouvait tarder davantage», explique Khalid Yassine, Directeur du pôle développement.
Le passif de la CNCA la pénalise. Et pour s’en défaire, elle doit agir dans la délicatesse. Brusquer les choses ou encore omettre sa partie « service public » risque de générer des effets indésirables. Une chose reste sûre :
La CNCA ne compte pas rester les bras croisés. C’est du moins ce qu’assure Tariq Sijilmassi, Directeur du pôle risque. En tant que tel, il ne peut que mettre sous la loupe de la rentabilité l’ensemble des opérations dans lesquelles la banque devrait s’engager.
«La CNCA va procéder à un recentrage de son activité », ainsi explique-t-il, la vision future du Crédit Agricole. En d’autres termes, la banque compte procéder à une gestion plus rationnelle de ses fonds. « Nous ne pouvons agir comme une banque kamikaze » , avance-t-il faisant ainsi référence aux années passées. Une loi de réforme des structures de la CNCA est actuellement entre les mains des parlementaires. L’ouverture du capital sera amorcée six mois après l’adoption de la loi en question. Son aspect phare est la transformation en SA ouvrant ainsi devant la banque de larges issues pour son financement. En attendant que cette loi soit opérationnelle, la CNCA agit au niveau de son éventail de produits. Aujourd’hui par exemple, la mise en place d’un système d’assurance élargi à la quasi-totalité des cultures en bour et à l’élevage extensif est en cours.

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