La concurrence loyale

ALM : Quel bilan faites-vous depuis votre arrivée à la tête de l’ASFIM ?
M. M’Hamed Skalli : Durant cette période, l’action de l’Association des sociétés de Gestion et Fonds d’Investissement Marocains (ASFIM) a été axée sur la concertation avec les autorités qui réglementent le marché financier, c’est-à-dire le Trésor, le Conseil déontologique des valeurs mobilieres (CDVM) et les Impôts. Je pense que sur ce plan-là, l’association a réussi sa mission, compte tenu du dispositif réglementaire d’aujourd’hui et tel qui est aussi en train de se profiler avec les différentes lois et circulaires des CDVM qui sont aujourd’hui en préparation. Le dispositif réglementaire a donc favorablement évolué et permet d’envisager un développement plus durable du marché. Cependant, on ne peut nier l’existence de certaines lacunes concernant le marché obligataire : la transparence du marché est insuffisante. Par exemple, nous sommes aujourd’hui incapable de déterminer le cours du marché secondaire qui permettrait de valoriser les OPCVM (organisme de placement collectif des valeurs mobilières) le jour le jour. Il s’agit là d’une lacune importante par rapport au concept des OPCVM qui prévoit que les OPCVM soient valorisés au cours du marché. Un certain nombre de projets communs avec le CDVM prévoient néanmoins de pallier ce problème. Il faut aussi signaler par ailleurs que la collaboration avec le Ministère des Finances a permis de jeter les bases d’une nouvelle réforme des marchés financiers, dont les premiers éléments ont déjà été adoptés. Cette nouvelle réforme devrait, dans un avenir assez proche, permettre aux marchés financiers de fonctionner de manière plus efficace. Parallèlement aux chantiers réglementaires, les statuts de l’association ont été revus afin de mieux définir les responsabilités de chacun. Les interactions entre des différents organes de décision associatifs sont aujourd’hui plus précises.
A quoi se résume finalement le rôle de votre association ?
L’un des principaux rôles de notre association est de mettre à la disposition du public, l’information financière. Il se trouve que jusqu’à présent, nous l’avons fait nous-mêmes. Mais rien nous interdit de faire appel à des professionnels de l’information. Au niveau de la forme, il y a une nouvelle mouture en préparation qui serait probablement plus adéquate. Elle peut être comparable à ce que l’on peut trouver dans les journaux internationaux, mais elle souffre du manque d’un certain nombre de précisions. Donc, le rôle de l’ASFIM est de créer des normes et remédier au manque d’information. Cela dit, le niveau qualité atteint aujourd’hui reste satisfaisant.
Que pensez-vous des mesures de la loi de finances 2002 relatives à la fiscalité des valeurs mobilières ?
Les mesures fiscales qui ont été adoptées avaient pour objet de répondre une double problématique conjoncturelle et stratégique afin de favoriser l’investissement en bourse.
Ainsi, la prime donnée aux actions cotées, c’est-à-dire la défiscalisation des plus-values générées par les personnes physiques (contre 10 % de taxes pour les actions non cotées), et l’abattement de 50 % pour les personnes morales, entre dans cette logique. Elles devraient favoriser un redécollage en Douceur du marché des actions et des OPCVM d’actions qui bénéficient des mêmes avantages.

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