La Croatie lutte pour son indépendance gazière

Avec l’ambition de se protéger contre de potentielles nouvelles crises dans la livraison du gaz naturel, la Croatie souhaite devenir un pays de transit du gaz pour l’Europe centrale et poursuit le développement de son infrastructure malgré la crise économique. D’ici 2011, l’opérateur national, Plinacro, entend investir quelque 440 millions d’euros dans la construction d’infrastructures, notamment de 920 kilomètres de gazoducs à haute pression, selon son président, Branko Radosevic. Pendant un premier cycle, de 2002 à 2006, le pays balkanique a construit quelque 520 km de gazoducs. Ces travaux ont coûté à Plinacro, une compagnie d’Etat, environ 210 millions d’euros. «Dans le cadre d’un programme de développement sur dix ans, nos objectifs principaux sont de connecter les gisements du nord de l’Adriatique au système national de transport du gaz, de faire venir le gaz naturel sur l’ensemble du territoire et de relier le système croate à ceux des pays voisins», explique M. Radosevic. La Croatie, qui a consommé 3,4 milliards m3 de gaz naturel en 2008, produit 60% de ses besoins et en importe 40% de la Russie, par une seule interconnexion qui entre dans le pays par la Slovénie. La crise des livraisons du gaz russe, provoquée début 2009 par une dispute entre Moscou et Kiev, a montré la fragilité énergétique de la Croatie dans ce genre de situations. «En l’état actuel, nous n’avons pas de réponse à la crise des livraisons, à l’instar de celle du mois de janvier», note Branimir Horacek, responsable au sein du ministère croate de l’Economie, ajoutant que le pays a besoin d’autres voies d’approvisionnement et de nouvelles capacités de stockage du gaz naturel.
Construit en 1988, un réservoir souterrain de gaz, situé à Okoli, à 80 km à l’est de Zagreb, permet de stocker jusqu’à 550 millions m3 de gaz, soit quelque 15% de la consommation annuelle nationale. Ces réserves, accumulées pendant l’été, sont consommées en hiver. «Nous planifions investir dans la construction de nouveaux réservoirs ainsi que dans la construction d’ici 2014 d’un terminal de regazéification de gaz naturel liquéfié (GNL) à Krk (dans le nord de l’Adriatique), ce qui augmentera nettement notre degré de sécurité», fait valoir M. Horacek. Par ailleurs, un nouveau gazoduc entre Bosiljevo (centre) et Ploce (sud), d’une longueur de près de 400 km doit être construit d’ici 2011. La Croatie espère qu’il fera partie, à l’avenir, d’un gazoduc régional qui devrait traverser le Monténégro et être branché, en Albanie, sur un gazoduc transadriatique (TAP).
Ce dernier conduira le gaz de la mer Caspienne et du Moyen-Orient jusqu’à l’Italie. En septembre, Plinacro va commencer les travaux de construction d’une interconnexion gazière avec la Hongrie dans l’est du pays. Ce gazoduc doit devenir d’ici début 2011 la seconde voie d’approvisionnement du pays. Certes, toujours en gaz russe, mais par un itinéraire plus court et, donc, moins coûteux. Ce gazoduc sera long de 298 km, dont 88 km en territoire croate, et aura une capacité de 6,5 milliards de m3 par an, soit le double de la consommation actuelle croate. 

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