La croissance bat toutes les prévisions

La croissance de l’économie japonaise a battu toutes les prévisions au quatrième trimestre 2007 grâce à la bonne tenue du commerce extérieur et de l’investissement, même si un ralentissement semble inévitable à court terme du fait des problèmes aux Etats-Unis.
Le Produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale a progressé de 0,9% pendant le trimestre d’octobre à décembre par rapport au trimestre précédent, et de 3,7% en rythme annuel, a annoncé jeudi le gouvernement. Pour l’ensemble de 2007, la croissance économique a été de 2,1%. Les économistes ne s’attendaient en moyenne qu’à une croissance de 0,4% au quatrième trimestre par rapport au troisième et de 1,5% en rythme annuel, selon un sondage réalisé par le quotidien Nikkei auprès de 23 d’entre eux. Le chiffre annoncé a même dépassé les prévisions les plus optimistes des analystes. La bonne surprise a été saluée par la Bourse de Tokyo, où l’indice Nikkei a terminé la séance de jeudi sur une très forte hausse de 4,27%. L’économie japonaise s’affiche ainsi en croissance pour le deuxième trimestre d’affilée, après une contraction au deuxième trimestre 2007. Les investissements en capital des entreprises, qui ont augmenté de 2,9% par rapport au trimestre précédent, et les exportations (+2,9% également) ont été les principaux moteurs de l’expansion de la fin 2007.
Ils ont compensé la forte chute (-9,1%) de l’investissement immobilier, plombé par une nouvelle loi parasismique draconienne qui, entrée en vigueur en juin, a pour effet de retarder les délivrances de permis de construire. Le gouvernement s’est toutefois gardé de crier victoire, la plupart des économistes pronostiquant des jours plus sombres en 2008 à cause de la baisse de la demande des Etats-Unis, principal client des exportations japonaises. «L’économie des Etats-Unis étant en train de ralentir, il est tout à fait possible que l’économie japonaise ralentisse également temporairement», a reconnu la ministre de la Politique économique et budgétaire, Hiroko Ota. Selon Naoki Murakami, économiste chez Goldman Sachs, tout triomphalisme serait en effet déplacé, les bons chiffres du quatrième trimestre étant surtout dus à des facteurs purement techniques, notamment la révision à la baisse de la croissance du troisième trimestre (+0,3% au lieu de +0,4%). Selon lui, «à en juger par l’activité que prévoient les entreprises en janvier et février, la production est déjà entrée dans une phase descendante en raison d’un ralentissement des exportations. Les exportations ont soutenu la croissance en octobre et décembre, mais cela ne va pas durer longtemps».
«Si la production diminue conformément aux prévisions (des entreprises), l’économie japonaise entrera à coup sûr en récession», a ajouté M. Murakami. «L’impact négatif du ralentissement de l’économie américaine se reflètera sur l’économie japonaise à partir de maintenant», a prédit lui aussi Mamoru Yamazaki, économiste chez RBS Securities, qui prévoit cependant «une pause de la croissance» plutôt qu’une vraie récession. Les bons chiffres du PIB réduisent par ailleurs la probabilité d’un assouplissement monétaire d’urgence par la Banque du Japon (BoJ), dont le comité de politique monétaire a entamé jeudi une réunion de deux jours. Les statistiques de jeudi «diminuent la pression pour que la BoJ abaisse les taux d’intérêt», a estimé Taro Saito, économiste au NLI Research Institute. Le loyer de l’argent au Japon est le plus bas du monde industrialisé (0,50%). La plupart des économistes jugent que, du fait de la crise financière mondiale, la BoJ ne pourra l’augmenter avant la fin 2008 au plus tôt.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *