La croissance dopée par la consommation

L’économie nationale a tiré son épingle du jeu en 2002, malgré le ralentissement de l’activité industrielle et le repli des recettes touristiques. Du moins, si l’on en juge par la dernière analyse de la Direction Générale de la Politique Economique relevant du département des Finances.
L’évolution des différents indicateurs a été dopée notamment par la relative amélioration des résultats du secteur primaire et plus particulièrement par la consommation intérieure finale.
L’amélioration de la situation financière des ménages, relayée par le recul du taux de chômage s’est, en effet, traduite par une augmentation de leurs dépenses en biens manufacturiers. Le taux de croissance s’est finalement fixé à 4,5% après 6,5 % au terme de l’exercice précédent. Ainsi, les pluies qui se sont abattues sur le pays en 2002 malgré leur irrégularité ont été très bénéfiques sur la production de secteur primaire qui a enregistré un bon score. La réalisation d’une campagne céréalière de 50,3 millions de quintaux a permis de réaliser une progression de 11,8% par rapport à 2001. Résultat : les importations de blé ont diminué de 7,5% en volume et de 10,2% en valeur.
Le secteur des agrumes a également tiré son épingle du jeu puisque ses exportations se sont redressées, fin novembre, enregistrant une évolution de 7,2% en volume et 18,8% en valeur. L’offre concurrentielle des opérateurs espagnols a, par contre, pénalisé les ventes des tomates fraîches sur les marchés extérieurs. Ces ventes ont marqué une baisse de 5,6% en valeur et de 27,4% en valeur, souligne l’Association des producteurs et exportateurs des fruits et légumes (APEFEL). Quant au secteur de la pêche, la valeur des prises côtières a atteint, fin novembre 2002, 3,2 millions de DH, en accroissement de 43% par rapport à 2001.
Le secteur primaire s’est donc relativement bien comporté durant l’année écoulée, ce qui n’est pas le cas du secteur secondaire qui a marqué un sérieux coup de frein en raison du ralentissement de l’activité industrielle. La valeur ajoutée du secteur secondaire serait en termes réels de 4,2% en 2002 contre 5,4% en 2001. L’indice de la production industrielle a ainsi reculé au terme des trois premiers trimestres de 3% en 2001 à 2,2% en 2002.
Ce résultat est dû à la fois au repli de l‘indice de la production des industries du textile et du cuir de 2,7% et du rythme d’accroissement de ceux des industries agroalimentaires et des industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques de 2,3% et 8,6% en 2001 à 0,8% et 0,9% en 2002 respectivement.
Les industries de la chimie et de la parachimie ont, de leur côté, connu une croissance de l’indice de 5,9% entre 2001 et 2002. La même tendance est enregistrée au niveau du secteur des BTP qui continue de respirer la santé. L’activité du bâtiment et travaux publics a poursuivi son amélioration ainsi qu’en attestent l’accroissement de 5,5% des ventes de ciment et l’augmentation de 14,1% des crédits accordés par les banques à l’immobilier.
La valeur ajoutée du secteur BTP devrait croître, en termes réels, de 6,4% en 2002 après une hausse de 5,8% en 2001. Le secteur tertiaire a pour sa part enregistré un score relativement satisfaisant compte tenu du fléchissement de l’activité touristique. La valeur ajoutée du secteur tertiaire connaîtrait une amélioration de 4,3% contre 2,2% en 2001, soutenu par l’activité du commerce (6,6% après 5,2% en 2001), du transport et des communications (2,7% en 2002 contre 1% en 2001). Les recettes touristiques en devises, quant à elles, ont reculé à la fin de novembre de 15% en 2002 contre un accroissement de 28,6 % en 2001, pour s’établir à 22 milliards de DH.

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