La croissance économique déçoit au 1er trimestre 2010

La croissance économique déçoit au 1er trimestre 2010

L’économie française a enregistré une modeste croissance de 0,1% au premier trimestre, moins qu’attendu, sous le coup d’une stagnation de la consommation des ménages et d’une poursuite de la baisse de l’investissement. L’estimation préliminaire de l’Insee est inférieure aux attentes puisque l’institut national de la statistique avait une prévision de 0,2% et la Banque de France anticipait +0,4%. Les économistes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un chiffre entre les deux, à +0,3%. L’Insee a en outre révisé à la baisse la croissance du quatrième trimestre, à +0,5% au lieu de +0,6%. Sur l’ensemble de 2009, le PIB s’est contracté de 2,5% (au lieu de -2,2%), témoignant de la plus forte récession de l’après-guerre, et le chiffre de 2008 a aussi été revu en baisse à +0,1% au lieu de +0,3%. Les résultats préliminaires des comptes nationaux en France contrastent avec la croissance de 0,2% annoncée en Allemagne alors qu’une stagnation était attendue. «En Allemagne, il y a surprise à la hausse, en France c’est le contraire : le chiffre est moins bon que prévu et il y a de nettes révisions à la baisse», commente Olivier Gasnier, économiste à la Société générale. Pour Nicolas Bouzou, du cabinet d’analyse Asterès, «c’est une douche froide». «Il a suffi que le soutien public s’affaiblisse pour que la croissance s’effondre», a-t-il estimé. Sans surprise, la quasi-totalité du ralentissement provient de l’atterrissage des dépenses des ménages tandis que l’investissement a reculé pour le huitième trimestre d’affilée. Avec une hausse de 3,9% des exportations, le commerce extérieur a en revanche apporté un soutien bienvenu. La consommation des ménages a stagné alors qu’elle avait augmenté de 0,9% au quatrième trimestre 2009 avant la réduction de la prime à la casse automobile. «Il y a probablement eu une forte contribution de l’énergie qui l’a sauvée d’une contraction», observe Olivier Gasnier. Outre l’effet ponctuel de l’extinction progressive de la prime à la casse, le retour de l’inflation, le niveau élevé du chômage et le moindre soutien public à la consommation ont également pesé sur le pouvoir d’achat des ménages. Les dépenses de consommation des administrations publiques n’ont quant à elles plus progressé que de 0,1% après une hausse de 0,7% le trimestre précédent.

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