La difficile mise à niveau

L’ambition de départ du Collège des Inspecteurs Généraux des ministères de faire évoluer leur fonction vers une véritable institution d’audit interne s’avère avec le temps comme une entreprise difficile à mettre en place. Ne disposant pas d’un statut particulier, le Collège qui regroupe une vingtaine d’inspections (154 cadres) a du mal à réaliser ses objectifs fixés depuis sa création en 2000. Il faut ajouter à cela sa dépendance matérielle.
Il est donc difficile dans ces conditions de faire réhabiliter la culture du contrôle et d’audit interne dans le fonctionnement de l’administration en passant du concept d’une inspection générale répressive à une inspection moderne en harmonie avec son environnement. Le constat a été fait lors d’une rencontre organisée par la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc) en collaboration avec le Collège des Inspecteurs autour des enjeux éthiques dans la relation administration-entreprise. Les organisateurs ont invité à cet effet, Robert Cerasoli, membre fondateur et ancien président de l’Association des Inspecteurs Généraux aux Etats-Unis.
Ce dernier a fait le point sur l’expérience américaine en matière d’inspection générale. A en juger par ses propos, il s’avère clairement que l’expérience des Etats-Unis en matière de réglementation de la mission des inspecteurs généraux est récente. La première loi dans ce domaine est entrée en vigueur en 1978.
Celle-ci stipule que le but de l’établissement des inspections générales est de conduire des audits et des inspections des programmes des institutions fédérales (agriculture, commerce, éducation, défense, énergie…), de recommander des mesures destinées à améliorer l’efficience et l’efficacité des programmes et à prévenir et à déceler les fraudes et les abus dans la mise en oeuvre de ces programmes et d’aviser le directeur de l’institution et le Congrès des problèmes et insuffisances dans l’administration des programmes ainsi que l’avancement des actions correctives. Loin de nous l’idée de faire un comparatif avec le Maroc, mais il est opportun de tirer des leçons de l’expérience marocaine. Certes, des acquis ont été réalisés en matière du respect de l’éthique dans les relations administration et entreprises.
La loi sur l’appel des efforts en est un exemple. Il reste cependant que le problème de transparence et toujours posé et l’accessibilité aux commandes publiques. Le contant est partagé par bon nombre d’opérateurs économiques. « Le texte en question est séduisant, mais il pêche dans son application », déplore un patron d’entreprise.
Et d’ajouter que plusieurs marchés publics sont initiés selon l’ancien dispositif. Normalement, c’est là ou intervient l’inspecteur général pour rectifier le tir. Mais face au manque de moyens, la mise en place d’une investigation se traduit rarement par des résultats concluants. Cela ne rassure même pas les entreprises qui estiment que l’administration en cas de litige reste juge et partie.

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