La Fed à la veille d’une baisse des taux

Le comité monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale (Fed) se réunit mardi à Washington pour réexaminer le niveau de ses taux directeurs.
Pour tous les experts ou presque, la Fed ne réduira pas ses taux -qui sont déjà très bas- malgré la forte baisse des marchés boursiers, car la reprise économique américaine se poursuit même si elle reste globalement molle et très irrégulière selon les secteurs d’activités.
Le taux interbancaire au jour le jour, principale arme de la politique monétaire aux Etats-Unis, se situe, depuis décembre dernier, à 1,75%, son niveau le plus bas depuis 40 ans. Il avait été réduit à onze reprises l’année dernière pour redonner du tonus à une économie américaine alors en récession. «La reprise progresse mieux que ce que disent les titres des journaux (…) Ce contexte permettra aux responsables de la Fed de passer leur tour cette semaine, laissant leur politique inchangée», affirme Robert DiClemente, chef économiste à la banque d’investissements Salomon Smith Barney.
«Les chiffres économiques du trimestre en cours continuent à aller dans le sens d’une hausse respectable du PIB (produit intérieur brut) comprise entre 3,5% et 4% », souligne M. DiClemente en expliquant cette accélération de la croissance par la bonne santé des dépenses de consommation.
«Nous continuons à penser que la Fed ne modifiera pas ses taux au cours de sa réunion mardi», confirme Bruce Steinberg, chef économiste à la firme d’investissements Merrill Lynch. Cet expert est encore plus optimiste en tablant sur une croissance du PIB américain « d’au moins 4,5% en rythme annuel » au troisième trimestre. «Malgré la faiblesse du secteur industriel, la demande intérieure est forte. Les dépenses de consommation paraissent progresser à un rythme annuel de 5% au troisième trimestre et les dépenses d’investissements à un rythme de 6%», explique-t-il. Même s’ils prévoient généralement un ralentissement au dernier trimestre, tous les analystes notent que la croissance américaine s’est accélérée cet été après être fortement retombée au printemps. Selon la plupart d’entre eux, l’augmentation du PIB devrait se situer entre 3 et 5% en rythme annuel au troisième trimestre, contre une hausse de 1,1% au deuxième trimestre et de 5% lors des trois premiers mois de l’année.
Si la Fed ne devrait pas toucher aux taux d’intérêt mardi, elle devrait aussi, comme lors de sa précédente réunion le 13 août, laisser entendre clairement qu’elle est prête à les diminuer dans les prochains mois, si nécessaire.
La banque centrale américaine avait introduit en août dans son communiqué une « inclinaison » – ce que les économistes appellent en anglais un « bias » – négative en affirmant que « les risques penchent majoritairement vers des facteurs pouvant affaiblir l’économie ».
Ce qui, en jargon de banquiers centraux, voulait dire qu’elle était disposée à baisser ses taux si la situation se détériorait. «Le FOMC va probablement réaffirmer (mardi) que la balance des risques penche vers un affaiblissement économique, montrant qu’il est prêt à se jeter » dans une nouvelle diminution des taux directeurs, affirme Robert DiClemente. Cet avis est partagé par les autres experts. «La Fed pourrait assouplir sa politique en novembre» -sa prochaine réunion est prévue le 6 novembre- si les chiffres du chômage de septembre et octobre sont mauvais, estime Bruce Steinberg.

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