La Fintech vue par Bank Al-Maghrib : Le secteur financier, une des arènes de l’innovation technologique

La Fintech vue par Bank Al-Maghrib : Le secteur financier, une des arènes  de l’innovation technologique

le gouverneur de Bank Al-Magrhib a appelé a laisser à la fois suffisamment d’espace à la créativité et au développement de la Fintech et à renforcer la résilience de nos systèmes financiers ainsi que protéger les consommateurs et les entreprises, en particulier celles de petite taille.

Se réinventer face à la révolution digitale n’est plus un choix mais une obligation qui s’impose aux pays en développement afin de rattraper le retard accumulé en matière d’innovation technologique. En effet, l’utilisation en masse des smartphones et des réseaux sociaux, l’émergence de la finance digitale et des Big data, ainsi que le développement des plateformes en ligne et l’ubérisation des services ont marqué cette décennie. Dans cette dynamique, la technologie financière ou la Fintech bouleverse le business model des banques et révolutionne le paysage financier. «Pour nous, banques centrales en particulier, les changements apportés par la Fintech nous interpellent à plusieurs égards et notamment au niveau de nos missions fondamentales», a indiqué le Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, lors de la session d’ouverture de la conférence régionale pour l’Afrique et le Moyen-Orient que Bank Al-Maghrib a organisée mi-mars avec le Fonds monétaire international sur la transformation digitale et la mise en œuvre du Programme Fintech de Bali.  Il a ajouté dans ce sens que même le monopole de l’émission de la monnaie est aujourd’hui concerné, amenant certaines banques centrales à explorer l’opportunité d’émettre une monnaie digitale, ce qui permettrait notamment la réduction du coût de production et d’utilisation des billets de banque traditionnels et minimiserait les risques d’insécurité qui y sont liés.

Investir dans le capital humain pour profiter de la révolution technologique 

Mettre en place un cadre juridique adéquat, investir dans le capital humain et l’éducation et assurer un environnement propice au développement des technologie… autant de mesures qu’il est nécessaire de mettre en œuvre pour saisir les opportunités offertes par la transformation digitale et notamment la Fintech. «L’une des priorités dans ce sens est d’investir dans l’éducation et la formation du capital humain en tenant compte des mutations qui s’opèrent au niveau des marchés du travail sous l’effet des innovations technologiques. Le défi est énorme, il y a aujourd’hui un fort besoin en main-d’œuvre qualifiée dans le domaine du digital», explique Adellatif Jouahri.

De plus, les pays émergents et en développement en particulier doivent faire face à la recrudescence du phénomène de «fuite des cerveaux».

Pour faire face à ce défi, «le renforcement de la coopération régionale et internationale, en vue de la mutualisation des efforts et l’échange d’expériences, permettrait notamment d’éviter que cette révolution n’accentue la fracture numérique entre ces pays et ceux avancés», estime le gouverneur de Bank Al Maghrib.

Investir dans la Fintech pour réduire les disparités

«Nous devrions d’abord saisir l’opportunité qu’offre la Fintech pour réduire, en collaboration avec les parties prenantes, les déficits et les écarts en matière d’inclusion financière, notamment au profit des jeunes, des populations rurales et surtout des femmes», selon le gouverneur de Bank Al-Maghrib précisant que ceci est d’autant plus important que les inégalités hommes/femmes sont particulièrement élevées au niveau régional. Sur le plan de la réglementation, le gouverneur de Bank Al-Magrhib a appelé a laisser à la fois suffisamment d’espace à la créativité et au développement de la Fintech et à renforcer la résilience de nos systèmes financiers ainsi que protéger les consommateurs et les entreprises, en particulier celles de petite taille.

Renforcer les systèmes d’information

Pour faire face à la révolution digitale, les entreprises sont amenées à former leur ressource humaine et les infrastructures, notamment les systèmes d’information dont la résilience à la cybercriminalité est devenue une préoccupation au quotidien.

Dans ce sens, Bank Al-Maghrib a mené dans le cadre de l’élaboration de son plan stratégique 2019-2023 une réflexion approfondie sur sa propre transformation numérique. Celle-ci implique l’adaptation de nos métiers, ou encore la réingénierie des processus.

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