La formation face à la libéralisation

Le chantier de la libéralisation de l’espace aérien, dont le démarrage effectif est prévu pour cette fin d’année, mettra à nu les dysfonctionnements du système de formation professionnelle. En effet, compte tenu de l’éventualité de l’installation de plusieurs compagnies aériennes sur le marché marocain, à partir du premier trimestre 2004, la demande en ressources humaines qualifiées enregistrera une nette croissance, alors que les centres de formation sont déjà déficitaires en nombre de lauréats formés annuellement.
Cette déficience en ressources n’est pas spécifique au segment des métiers liés au transport aérien. Le diagnostic établi par les professionnels lors de l’établissement du contrat-programme a identifié la formation comme l’un des facteurs sur lesquels il faut agir pour être en mesure de bien accueillir les futurs 10 millions de touristes potentiels en 2010. Le gouvernement projette de former d’ici sept ans 72 mille personnes spécialisées dans les métiers du tourisme.
A cet effet, une étude a été lancée par le ministère du Tourisme pour réussir ce challenge. L’étude, lancée en 2002, a porté sur le recensement des nouveaux métiers sur lesquels les centres de formation publics doivent créer des cursus et des programmes adéquats. En attendant la mise à niveau des centres de formation professionnelle, à court terme, les professionnels du transport aérien doivent former sur le tas des ressources en mesure de gérer les systèmes de réservation en ligne, tel que Amadeus. En outre, les compagnies aériennes auront besoin de jeunes en mesure d’utiliser des systèmes de vente basée sur les technologies de l’information (Internet et le commerce électronique). La formation jusqu’à présent était taillée en fonction de la demande de l’opérateur aérien historique, la RAM. Or, à partir de début 2004, plusieurs compagnies aériennes à bas prix (low cost carrieres) lanceront des dessertes sur le marché local. La présence de ces nouveaux opérateurs profitera, en premier lieu, au réseau des agences de voyages puisqu’elles seront les détaillants de l’offre de vente de billets d’avion.
Le besoin ne se limite pas aux profils en charge de la réservation en ligne, il concerne également les pilotes, les stewards, les hôtesses de l’air, les agents de réservation à l’aéroport, les bagagistes…
Le big-bang de l’aérien tel qu’il est envisagé par le gouvernement l’année prochaine est une bonne opportunité pour orienter les jeunes vers de nouveaux métiers. Le système éducatif est sollicité pour résoudre le problème de sous-emploi par l’orientation des futurs bacheliers et des diplômés vers un marché à fort potentiel. Encore faut-il se rendre compte de l’existence de ce potentiel !

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