La grande déception du patronat

C’est sous forme de communiqué que la CGEM (Confédération Générale des Entreprises Marocaines) a exprimé sa préoccupation concernant l’augmentation importante des dépenses prévues dans le projet de loi de finances. Ce qui, selon la Confédération, se traduit par la tendance accélérée à l’endettement intérieur. Il demeure que le budget est jugé aléatoire, puisqu’il n’a pu être bouclé que grâce à une manne exceptionnelle. Les 12,5 milliards de DH qui sont issus d’une recette prévisionnelle des privatisations. Le patronat propose que les recettes des privatisations devraient être exclusivement réservées au financement des investissements. De même qu’il justifie le retard dans les grandes réformes, par trois raisons principales. La première repose sur le déficit de coordination au niveau des instances de décision. Ensuite, l’abondante réflexion incapable de se concrétiser en actions. Et enfin, un environnement pour l’investissement qui n’a toujours pas trouvé ses marques. Les autres chantiers toujours en friche, et pour lesquels des mesures d’urgence s’imposent, ont également été précisés. Ainsi, au niveau de la législation sociale, la question de la « barémisation » des droits des salariés en cas de licenciement se fait attendre. Le même sentiment accueille la réglementation du droit de grève. Dans le même registre, les avancées en matière sociale ne se sont toujours pas concrétisées : l’assurance maladie obligatoire, l’indemnité pour perte d’emploi, la réforme de la CNSS, l’assurance contre les accidents du travail et les maladies professionnelles et l’accès au logement économique. Sur le plan fiscal, les conclusions des assises nationales de la fiscalité ont particulièrement mis l’accent sur la modernisation de l’ensemble de l’appareil. Certes, des efforts notables ont été entrepris en matière d’organisation de l’administration fiscale. Toutefois, c’est la politique fiscale dans son ensemble qui attire l’attention de la CGEM. Et la liste des points litigieux est longue. Pour le patronat, l’impact des impôts grevant l’investissement pénalise son essor comme par exemple la patente. Ou encore, l’IGR qui sanctionne la classe moyenne. La fiscalité de la bourse qui reste inefficiente à plus d’un propos. L’indifférence affichée, qui ne prend pas en compte la capitalisation des PME. Et enfin, l’absence de soutien aux exportateurs face à une libéralisation exacerbée. Autre volet. Le système d’incitation à l’investissement n’est pas encore ficelé. En effet, le mécanisme bute sur l’hésitation entre le choix des organes chargés de la promotion et ceux chargés de la facilitation des actes de l’investissement. Par ailleurs, l’ampleur des coûts des facteurs de production entrave également la mise en place d’un système incitatif. D’autant plus, comme le relève les rédacteurs du communiqué, l’incitation à l’investissement passe inexorablement par la mise à niveau des entreprises. Toutefois, ces dernières omettent dans leur processus la mise à niveau des ressources humaines. La CGEM ne manque pas de mettre l’accent sur le désintérêt ayant recueilli ses propositions en matière de politique de promotion des PME-PMI, auxquelles, le gouvernement a opposé la charte des PME-PMI en signe de preuve de l’importance de ce dossier.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *