La grande mutation ou l’urbanisation: Casablanca, bientôt smart city

La grande mutation ou l’urbanisation: Casablanca, bientôt smart city

Casablanca Smart City Cluster, baptisée dorénavant e-Madina, s’inscrit dans le cadre de la vision Smart City et a pour objectif de permettre de résoudre la plupart des problèmes de la ville à travers l’utilisation de la technologie numérique et le partage des données volontaires.

En 2040, la Terre comptera 9 milliards d’habitants. 80% de cette population mondiale habitera en ville, en 2050. Nous assistons donc à une urbanisation croissante de la planète. C’est ce que confirme l’Institut d’analyse stratégique McKinsey. Selon les résultats de son étude, les 600 villes les plus dynamiques généreront 65% du PIB mondial en 2025. L’urbanisation est ainsi concentrée dans les villes. Cette pression démographique citadine constante pose de nombreux défis et challenges, concernant notamment la sécurité, la santé des citadins, la gestion du trafic routier, des déchets, la protection de l’environnement, surtout que les villes concentrent généralement 75% de la consommation de l’énergie mondiale et 80% des rejets de CO2 de l’atmosphère. Comment donc s’adapter à cette urbanisation galopante ? «En choisissant la voie d’une urbanisation intelligente basée sur une stratégie innovante qui lie développement économique, politique et social et qui permettra l’intégration des technologies selon une approche plus globale», répond Bouchra Rahmouni Benhida, experte en géopolitique et en géoéconomie. Dans le même sens, Mounir Ferram, directeur des affaires de la présidence et du conseil de la Région Casablanca-Settat, déclare à ALM que l’approche de «Smart City» ou «Ville intelligente» peut répondre aux problèmes liés à la planification urbaine, à l’organisation spatiale et au développement durable des villes.

La technologie numérique pour résoudre tous les problèmes

Prenons l’exemple de Casablanca.  C’est la ville la plus peuplée du Maroc, avec plus de 4,2 millions d’habitants et une densité de population pouvant atteindre environ 4.000 habitants/km². La mégalopole attire 48% des investissements du pays et contribue à 25% du PIB national et 60% des échanges commerciaux. Ce développement économique, accompagné d’un développement démographique, a donné lieu à des problèmes de lourdeurs administratives, de congestion du trafic, de pollution… Il semble d’ailleurs qu’elle est la cinquième ville la plus polluée au monde, selon un institut d’études américain, et elle ne cesse de grandir démographiquement. Casablanca doit ainsi se transformer pour s’adapter à cette mutation, et il semble qu’elle est sur la bonne voie. «Le cluster Casablanca Smart City (e-Medina) a vu le jour en 2013 pour accompagner la capitale économique dans sa transformation en ville intelligente pour qu’elle devienne plus attractive, plus efficace et plus économique. Il s’appuie sur un partenariat public-privé-citoyen et pourra répondre aux exigences environnementales à travers des espaces urbains propres et sécurisés dans des zones parfaitement intégrées dans la ville», déclare Mohammed Lakhlifi, directeur de e-Medina. «Cette initiative permettra à la ville de devenir le centre d’affaires d’un hub régional dont l’ambition est d’être l’une des principales zones de services à haute valeur ajoutée pour l’Afrique», ajoute Mme  Benhida.

Casablanca Smart City Cluster, baptisée dorénavant e-Madina, s’inscrit en effet dans le cadre de la vision Smart City et a pour objectif de permettre de résoudre la plupart des problèmes de la ville à travers l’utilisation de la technologie numérique et le partage des données volontaires. Il doit contribuer à la transformation de la ville, en mettant en place des projets numériques pour faire de la métropole une cité capable de recueillir et analyser toutes les informations utiles à la prise de décision. ll a aussi pour objectif de permettre à la ville de communiquer efficacement avec les usagers afin de dispenser le service public de manière optimale et de bénéficier de nouveaux services tels que la gestion des ordures en utilisant des applications mobiles ou la détection des places de stationnement en temps réel entre autres. Selon les responsables de e-Medina, 50 projets smart et 80 projets de recherche et développement seront réalisés à fin 2017. En 2020, il vise la réalisation de 150 projets smart et 240 projets de recherche et développement, ainsi que le coaching de plus de 100 start-up.

L’adhésion des citoyens est obligatoire…

Les Technologies de l’information et de communication (TIC) sont des outils de réappropriation de l’espace urbain par le citoyen et l’entrepreneur. Les startupers peuvent ainsi contribuer à ce développement urbain connecté, notamment en proposant des applications innovantes qui peuvent résoudre les problématiques liées à la ville de Casablanca. I-Taxi, Uber, Algo ou encore ParkMe sont des exemples concrets, facilitant la vie dans les rues casablancaises. L’adhésion des citoyens est obligatoire aussi et la notion d’acceptabilité de ces nouveaux services est un prérequis pour transformer la cité. Sans une adhésion massive de sa population, la ville intelligente de Casablanca ne verra pas la jour. Cette ville intelligente ne se développera pas non plus sans l’adhésion des dirigeants politiques qui devront dépasser les contraintes liées aux échéances électorales pour construire une ville meilleure. «Le challenge pour les habitants des Smart Cities consiste à prendre le contrôle de leur propre technologie de façon à mieux contrôler leur destin et celui de leur pays. Dans le cadre de cette révolution urbaine, nous sommes appelés à rester vigilants quant à préserver notre culture et l’inviter à se révéler. Le Maroc doit donc tirer profit de son histoire urbaine sans la dénaturer», d’après Mme Benhida.

Soukaina Zoubir

Journaliste stagiaire

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