La guerre de l’encre fait rage

La guerre de l’encre fait rage

Sur le marché des imprimantes photos petit et large formats, la guerre bat son plein entre les constructeurs. Ceux qui sont présents sur le marché national rivalisent d’inventivité et de nouveaux produits destinés à un panel plus large d’utilisateurs. La couleur est le terrain de prédilection de cette bataille commerciale. HP vient de lancer deux modèles d’imprimantes photos grand public à un prix abordable.
Le constructeur américain Xerox se lance aussi dans la course en introduisant un nouveau modèle. Les labels asiatiques arrivent aussi (infiniti, marque chinoise récemment introduite sur le marché), et quelques importateurs tablent sur l’argument prix, particulièrement compétitif.
Cette baisse des prix des machines aura certainement le mérite de démocratiser davantage l’accès à ce type de matériel. Mais la véritable stratégie des fabricants s’articule surtout autour de la vente des consommables de marques. En clair, vendre des cartouches qui leur offrent des marges très confortables, et qui compensent au passage la baisse des prix des machines.
Dans ce cadre, tous les constructeurs recommandent aux utilisateurs de ne pas utiliser des cartouches d’encres compatibles, beaucoup moins chères que celles de marque.
C’est pour cette raison d’ailleurs que la quasi-totalité des imprimantes utilisent des cartouches différentes. Aussi, certains modèles d’imprimantes (Epson) arrêtent de fonctionner, lorsque l’une des cartouches n’est pas de la marque de l’imprimante. Pour justifier cette approche, les constructeurs avancent l’argument de la qualité. Utilisé de l’encre compatible (non originale) nuit à la qualité de l’impression. Reste que cette démarche va au-delà d’une simple question de qualité, aussi fondée soit-elle. Actuellement, les cartouches, une fois vides, sont non utilisables. Une technique imposé par tous les fabricants.
Techniquement, plusieurs procédés sont mis au point pour empêcher l’achat et l’utilisation de recharges compatibles. Exemple : plusieurs fabricants intègrent une puce électronique dans les consommables pour les imprimantes à jet d’encre et qui rend la coque de la cartouche inutilisable dès qu’elle a été vidée. Cette démarche pose cependant un problème d’ordre écologique, dans la mesure où les cartouches non recyclées sont particulièrement nocives.
En Europe, une réglementation communautaire imposera, dès 2006, aux constructeurs d’imprimantes la commercialisation de cartouches d’encre réutilisables, et de financer le recyclage de leurs produits. Une perspective qui met à mal les industriels de l’imprimerie grand public. Un chiffre le démontre : les ventes de cartouches représentent près de 90% des 30 milliards de dollars annuels que pèse le marché des imprimantes dans la monde. Au Maroc, cartouches de marque ou non, le recyclage n’est pas encore à l’ordre du jour. Concurrence oblige.

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