La guerre déclarée

L’exportation de tomates marocaines vers l’Union européenne suscite une grande polémique dans les milieux politiques et agricoles en Espagne. Ainsi, le groupe parlementaire du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) au sein du Parlement andalou a présenté « une proposition non de loi » pour solliciter au conseil du gouvernement autonome d’entreprendre des démarches auprès du gouvernement central afin que celui-ci fasse pression sur les instances européennes pour que la période d’exportation de tomates marocaines ne coïncide pas avec la commercialisation de la tomate espagnole en Europe.
Selon les députés andalous, l’augmentation du quota marocain aura un effet négatif sur les agriculteurs d’Almeria connue pour sa grande production et dont les dirigeants estiment être lésés par la commercialisation de la tomate marocaine sur le marché européen.
Le parlementaire d’Almeria pour le PSOE, Martin Soler, a expliqué dans des déclarations à la presse espagnole que « la proposition non de loi » présentée par son groupe « n’est pas capricieuse et elle est d’une importance extraordinaire puisqu’il est prévu, durant cette campagne, que le quota d’exportation de la tomate marocaine soit augmenté de 32.000 tonnes ce qui le fera passer de 168.000 tonnes à 200.000 tonnes ». Le dirigeant socialiste local appelle par ailleurs à ce que l’exportation marocaine soit décalée dans le temps pour qu’elle ne concurrence pas la tomate d’Almeria.
Le député socialiste estime aussi que « l’Union européenne est en train de faire des concessions au Maroc ». Pour lui, le PSOE a toujours défendu « la nécessité pour l’UE de soutenir le développement du Maroc à cause du bénéfice socio-économique que cela apporterait à la population de ce pays et à tous les pays avoisinants, mais nous ne pouvons consentir ques cet échange diplomatique et commercial soit fait aux dépens des agriculteurs d’Almeria qui enregistrent une baisse constante de leurs bénéfices au profit de pays tiers ».
Rappelons que le PSOE a décidé de présenter cette motion au Parlement andalou suite aux revendications de l’organisation agraire COAG. Le responsable de cette organisation à Almeria, Eduardo Lopez, a expliqué que « l’augmentation aura un effet négatif sur les agriculteurs espagnols ». Lopez a accusé la France, qui « a le monopole de la commercialisation de la production marocaine » de vouloir « baisser les prix de vente de la tomate au sein de l’Union-Européenne en y introduisant de très grandes quantités de tomates marocaines pour nuire aux producteurs d’Almeria ». « La France mène une guerre sale et un double jeu… Car ce pays contrôle la production marocaine et les centres de commercialisation et de distribution en Europe et il est donc bénéficiaire tant de l’augmentation du quota que de l’élargissement du calendrier d’exportation », a martelé Lopez.
Rappelons que le Maroc et l’Union européenne devraient se mettre d’accord avant la fin de l’année sur une augmentation du quota d’exportation de tomates qui devrait atteindre, selon des sources européennes, la quantité de 200.000 tonnes. Un accord qui devrait entrer en vigueur en janvier 2003.

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