La guerre des étoiles

La guerre des étoiles

C’est la première fois, depuis 18 ans, que le Maroc se penche sur la fiabilité des étoiles affichées au fronton de ses hôtels. D’ici l’année prochaine, de nouvelles normes de classification des établissements touristiques verront le jour. De nouvelles procédures aussi.
Les textes formant corps de la loi 61-00 figurent dans l’arrêté ministériel n° 751 datant de 2002, adopté par le Parlement, approuvé par le Conseil du gouvernement et publié dans le Bulletin officiel du 5 mars 2004. En elle-même, cette nouvelle réglementation est la reprise d’un texte datant de 1986 élargi aux innovations technologiques comme les techniques de communication, Internet, une meilleure accessibilité pour les personnes handicapées…
Dans ces nouvelles procédures, le critère qualité ne s’arrêtera plus seulement à la beauté de la façade de l’établissement, à l’investissement consenti, mais concernera aussi les prestations.
De même que le prix (c’est le plus difficile) sera tenu en considération. C’est en tout cas ce que souhaitent la plupart des professionnels, mais une forte minorité demeure farouchement opposée à ce qu’elle considère comme une atteinte à loi sur la libre concurrence.
Le ministère tempère : les prix sont libres, le classement concernera plutôt l’adéquation qualité-prix. Thème du moment, la fixation des prix reste du ressort des associations régionales.
En plus du facteur prix, le cloisonnement sera plus étanche entre différentes catégories. Par exemple, entre cinq étoiles et cinq étoiles de luxe, catégorie exceptionnelle mais banalisée sous nos cieux puisque comme le cas s’est posé récemment à Marrakech et il y a quelques semaines à Casablanca, des hôtels affichent le «luxe» au stade de construction.
Pourtant la loi est on ne peut plus claire sur cette dénomination de luxe. Une chambre d’un hôtel de luxe doit être luxueuse, équipée d’un revêtement de sol avec des matériaux nobles. Alors que pour le cinq étoiles simple, les termes luxe et «haute qualité» sont remplacées par «bonne qualité» L’équipement est toutefois identique.
Mais l’une des grandes nouveautés apportées par la loi 61-00 réside dans la régionalisation des commissions de classement. Auparavant, c’étaient des équipes dépêchées par le ministère qui se déplaçaient de région en région pour mener une telle tâche. Désormais, les commissions seront constituées au niveau local et placées sous la tutelle du wali, lequel doit en avaliser les décisions. En cas de contestation, les hôteliers ont droit de recours, notamment en saisissant le ministère du Tourisme. Seulement, il y a problème à ce niveau.
D’après des sources dignes de foi, le ministère du Tourisme serait favorable à une sorte d’externalisation de la procédure de classement. Autrement dit, confier la tâche à un organisme professionnel. Une option peu partagée dans les rangs des associations hôtelières régionales où les réticences sont nombreuses. Celles-ci, en se référant à la loi 61-00, souhaiteraient que, comme prévu, la classification soit décentralisée et du ressort d’une commission régionale comprenant les professionnels, les autorités locales ainsi que les délégués régionaux du ministère du Tourisme.
Rappelons que, suite au discours royal d’Ifrane, une équipe interne au sein du ministère du Tourisme réfléchit aux meilleurs moyens de garantir un classement transparent et fiable. «Il ne s’agit pas, déclare une source non autorisée, d’externaliser le classement, mais d’accompagner les commissions régionales d’une expertise faite par un cabinet spécialisé».
L’idée n’est pas encore mûre, dit-on, mais si elle se concrétisait, elle préviendrait les nombreuses contestations qui se faisaient jour à l’occasion de chaque classement. Cette méthode aurait déjà fait ses preuves en Suisse et dans la république d’Andorre. La Grèce à emboîter le pas. Si aux yeux de ses initiateurs, cette démarche permet une meilleure rentabilité dans la profession elle ne fait pas encore l’unanimité. Quoi qu’il en soit, l’objectif de cette nouvelle loi est de mettre de l’ordre dans un secteur en mutation permanente et éventuellement de rattraper le retard pris par rapport aux normes internationales. L’on dénombre pas moins de 650 hôtels classés au Maroc et environ 200 Maisons d’hôtes.

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