La libéralisation décolle

Ce sont en tout douze nouvelles compagnies qui vont desservir le Maroc, d’ici la fin de l’année. Le mode tant usité du «point à point » est retenu. Au ministère des Transports où une réunion sur la libéralisation s’est tenue récemment avec des représentants de la profession, on ne parle plus du «calendrier de la libéralisation». Celle-ci est effective. Il ne resterait désormais que l’installation des réseaux de distribution, chose qui relève des compagnies qui s’installeront au Maroc. Du reste, les verrous commencent à sauter, même si pour ce qui est des plateformes de Casablanca et de Rabat, le traitement ne sera pas le même. «Depuis février 2004, les règles du jeu sont claires, nous ne sommes plus dans une politique de calendrier», déclare-t-on dans l’entourage de Karim Ghellab.
Concernant les aéroports de Casablanca et Rabat, où persiste une espèce de restriction par rapport aux vols secs, la restriction est surtout d’ordre stratégique et vise à étendre l’activité du transport aérien dans les autres villes du Maroc. «Si ces restrictions partielles ne sont pas appliquées, on risque de voir un grand nombre de compagnies s’installer dans ces deux villes.
L’objectif final de cette libéralisation, c’est de raccorder le Maroc au réseau du transport aérien mondial et in fine permettre aux Marocains de bénéficier des bienfaits de la concurrence pour voyager à prix réduits.
En tout cas, les professionnels qui ont pris part à ce briefing, dont le président de la FNAVM, semblent être sortis de la réunion assez satisfaits du chemin parcouru. Mais qu’en est-il de la libéralisation ?
Est-elle effective ? Là les opinions divergent. D’aucuns pensent que du moment que «les agences de voyages peuvent, à l’instar des TO étrangers, affréter des avions», la libéralisation est effective.
Or, pour les professionnels marocains, le problème ne se pose pas en termes d’avoir le droit ou non d’affrèter des avions, mais surtout en termes de prix. Actuellement, les grands TO, comme Etapes Nouvelles, prennent le siège en rotation auprès de la RAM à 190 euros.
Pour un appareil de 148 sièges, ces compagnies déboursent donc plus de 28 000 euros. Incapables d’affrèter l’avion en totalité, ou de s’engager sur de longues périodes, les opérateurs marocains prennent le siège beaucoup plus cher, à 250 dirhams.
Pour la RAM, il s’agit plus d’un problème d’organisation, lié à la taille des opérations que d’un traitement différent entre agences marocaines et étrangères. La preuve, explique un cadre, c’est que même les agences nationales bénéficient des mêmes réductions pour les grosses opérations, genre congrès et incentives.
Dans tous les cas, les prix ne resteront pas statiques. L’introduction de nouvelles compagnies (Happy Lloyd Flug, LTU Airlines, Air Berlin et First Choice Airways), dès ce mois de novembre, participera à l’élargissement de l’offre. Concernant l’activité de ces compagnies, les compagnies LTU Airlines et Air Berlin exploiteront des lignes charter entre l’Allemagne et Agadir et l’Allemagne et Fès, alors que First Choice Airways effectuera des vols charters entre l’Angleterre et Agadir. De son côté, Hapag Lloyd Flug ouvrira des lignes régulières directes entre Agadir et Hanovre et Agadir et Stuttgart avec, au début, trois fréquences par semaine, pour les porter à quatre en novembre 2005 et à cinq en novembre 2006. Elle assurera également des liaisons directes entre Marrakech et Hanovre et Marrakech et Stuttgart, à raison d’une fréquence par semaine, en novembre 2004, et de deux fréquences par semaine en novembre 2005. Rappelons que depuis décembre 2003, la compagnie Corsair dessert à partir de Paris par des lignes régulières directes, les villes de Fès (2 fréquences/semaine) et Marrakech (5 fréquences/semaine). La compagnie desservira Agadir cet automne. De même, Air Europa, qui exploite, depuis décembre dernier, la ligne régulière directe, Madrid-Marrakech, avec deux fréquences par semaine, passera à trois fréquences par semaine, tout en envisageant d’ouvrir trois lignes régulières directes (Barcelone-Marrakech, Madrid-Fès et Madrid-Agadir) avec deux fréquences par semaine chacune.
L’arrivée de ces diffétentes compagnies ainsi que la création de la compagnie Atlas Blue semble indiquer que l’on a définitivement rompu avec la politique des petits pas en matière de libéralisation. L’objectif du Maroc c’est de multiplier par trois son offre aérienne, d’ici 2010. Un challenge qui ne peut s’accommoder qu’avec une libéralisation effective.

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