La Libye convoitée par les géants gaziers

Les géants internationaux du gaz devaient s’affronter dimanche pour remporter les premiers blocs de prospection en Libye, dans un contexte de concurrence exacerbée marqué par le retour de ce pays sur la scène internationale. Trente-cinq compagnies, dont Gaz de France et le Britannique BP, se disputent une douzaine de contrats pour la prospection de 41 blocs en mer et dans les bassins de Syrte (Nord), de Ghdamess, Murzek (Sud) et Cyrénaïque (Est), sur une surface totale de 72.500 km2. Exxon mobil, Shell, Total et Eni (Italie) figurent également sur les rangs, comme Gazprom (Russie) et les américains Chevron et Pan American Energy LLC. La Compagnie nationale du pétrole (NOC) qui pilote l’opération a également établi une liste de 21 sociétés qui pourront postuler pour le droit d’investir dans les projets d’extraction, dont Oil India, Japan Petroleum, Nippon Oil, Mitsubishi Corp ainsi que Korea Gas. La soumission des offres et l’ouverture des plis ont été effectuées dimanche matin dans un hôtel à Tripoli dans une atmosphère tendue et les résultats devraient être annoncés à partir de 14H30 GMT, selon la NOC. Gaz de France qui importe une grande quantité de son gaz de Libye "souhaite mettre un pied" dans ce pays, selon un responsable de la compagnie. «La Libye nous intéresse au plus haut point et nous souhaitons y travailler», a déclaré à l’AFP Renato Gurrero-Serreau de la direction exploration et production de Gaz de France.
Lancé en juillet, cet appel d’offres est le quatrième pour l’exploration d’hydrocarbures en Libye, mais le premier portant sur le gaz naturel. «Ca sera très serré. Les offres seront à un ou deux points de pourcentage près», a observé un responsable pétrolier occidental. «Le critère principal de réussite est la part de la production que la compagnie s’engage à céder à la compagnie nationale», a-t-il expliqué sous couvert de l’anonymat. En décembre 2006, lors du 3e round, sept entreprises, dont quatre russes et une chinoise, avaient remporté des contrats pétroliers, en descendant jusqu’à 7,8% de part de production, au grand dam des compagnies européennes plus soucieuses de leur rentabilité. Certains pétroliers ont même accusé les Asiatiques de dumping, estimant que de telles offres ne fonctionnaient pas sur de seuls critères économiques.

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