La maitrise du risque grève le résultat

Ce n’est pas une nouveauté. Le Crédit du Maroc a au titre des années 2000 et 2001 assisté à une modération de ses performances. Une politique de restructuration couplée à la mobilisation de grands investissements et à l’adoption d’une politique de provisionnement accrue avaient considérablement grevé le résultat net de la banque.
Des résultats semestriels 2002 du CDM ressort encore une fois un résultat net en baisse… de 19 %. Une donnée à laquelle le Crédit du Maroc s’atèle à fournir une armada de justifications. « Il s’agit de la résultante du renforcement de la maîtrise du risque », explique Francis Savoye, président du directoire du Crédit du Maroc. Cette filiale du Crédit Lyonnais s’est engagée d’ailleurs depuis 2001 à resserrer ses normes d’évaluation du risque en mettant en place un système de gestion approprié. Son but n’était autre que de mettre l’établissement au niveau des standards internationaux et répondre positivement aux appels soutenus de Bank Al-Maghrib en matière de contrôle interne. Dans la pratique, cela ne pouvait que soumettre le processus d’octroi de crédit à des règles plus contraignantes dans un contexte marqué par la montée des créances en souffrance. Quitte à ce que cela se répercute négativement sur le résultat net.
La maîtrise du risque ne constitue pas, par ailleurs, l’unique facteur explicatif de la baisse de cet indicateur. Car, le deuxième semestre de l’année en cours a été marqué au niveau de l’économie marocaine dans sa globalité par les effets de la succession de plusieurs années de sécheresse et du trend baissier de la bourse de Casablanca. L’activité bancaire, pour ne prendre qu’elle en exemple, a connu une quasi-stagnation, notamment sur le segment du crédit. « Excepté le crédit affecté à l’immobilier qui continue à progresser à un rythme important en raison de la concurrence sur les taux, les autres crédits d’investissements connaissent globalement un recul entre les deux semestres, dû à une conjoncture atone », déclare Francis Savoye. Ceci n’empêcha pas le Crédit du Maroc d’enregistrer au premier semestre 2002 une hausse des dépôts de la clientèle de 11 % et des crédits à la clientèle de 6 % par rapport la même période de l’année écoulée. Ainsi, les dépôts à la clientèle se sont établis à 14,43 milliards de DH contre 9,54 milliards de DH pour les crédits à la clientèle.
Sur un autre registre, celui notamment du PNB (Produit Net Brut) et du résultat brut d’exploitation, le CDM a réalisé respectivement une hausse de 3,2% ( 509MDH)et de 5% (226MDH) par rapport à fin juin 2001. Et ce dans un environnement marqué par la baisse générale des taux et la montée du risque.
L’environnement est aussi un facteur qui explique la stratégie adoptée par le CDM consistant à mettre sur le marché un éventail de nouveaux produits, concurrence oblige. Ses nouvelles orientations stratégiques se sont basées en effet sur un développement par lignes de métiers : banque des particuliers, marché des PME/PMI et celui de la grande entreprise. Le démarrage de la commercialisation des nouveaux produits a coïncidé avec le premier semestre 2002, date à laquelle fut lancée l’opération d’extension du réseau d’agences et de guichets automatiques bancaires avec l’ouverture de trois nouvelles agences et la mise en service de 21 nouveaux distributeurs de billets.

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