La meilleure croissance depuis 9 ans: La Bourse accumule les hausses en ce début d’année

La meilleure croissance depuis 9 ans: La Bourse accumule les hausses en ce début d’année

La Bourse a toujours répondu à des cycles consécutifs de hausse et de baisse qui durent en moyenne 5 ans (le dernier cycle baissier ayant duré plus de 7 ans). Actuellement, la conjoncture est juste favorable pour inverser la tendance et s’inscrire sur une pente haussière.

La Bourse de Casablanca poursuit son trend haussier entamé depuis début 2016. Après une semaine de cotation en ce début d’année, le Masi a gagné plus de 9%. Tout semble aller pour le mieux pour le marché financier casablancais, à savoir un retour des investisseurs particuliers et institutionnels sur le marché actions, un regain de confiance et une courbe des taux obligataires qui n’est pas près de crever le plafond.

Cette croissance, la meilleure enregistrée depuis 9 ans, divise les professionnels du marché. Entre ceux qui croient que c’est juste une hausse ponctuelle qui a été le fait d’une réorientation des allocations vers le marché actions, faute d’alternatives de placement, et ceux qui considèrent qu’il s’agit d’une reprise confirmée et pérenne, signe d’un nouveau cycle haussier, les avis divergent.

En fait, ils sont plusieurs à redouter un inversement de tendance imminent. Aucune base fondamentale n’est là pour confirmer cette croissance remarquable du marché. Il reste toujours cher avec un PER de 20 fois les bénéfices et la croissance de la masse bénéficiaire des sociétés cotées n’est pas vraiment confirmée, sachant que certains secteurs comme le BTP souffrent toujours  de difficultés. Pour ne rien arranger, la liquidité bat toujours de l’aile (volume moyen de 137 MDH en 2016 sur le marché central). S’il y a cette hausse, c’est en raison d’un seul facteur: celui du tassement de la courbe des bons du Trésor qui a eu pour conséquence de pousser les investisseurs à se repositionner sur le marché actions, ne serait-ce que pour réaliser des opérations d’arbitrage entre valeurs. La question à se poser dans ce cadre est : si les taux remontent sur le marché des bons du Trésor, devrait-on assister à une réallocation des ressources vers le marché de la dette publique au détriment du marché actions ? Rien n’est pour le moins sûr mais ce scénario n’est pas à exclure. Il reste toutefois assez peu probable pour ce 1er semestre.

Aucun élément de taille ne surviendrait pour bouleverser la donne

D’autres croient dur comme fer que le marché actions a entamé un nouveau cycle de hausse continue. La Bourse a toujours répondu à des cycles consécutifs de hausse et de baisse qui durent en moyenne 5 ans (le dernier cycle baissier ayant duré plus de 7 ans). Actuellement, la conjoncture est juste favorable pour inverser la tendance et s’inscrire sur une pente haussière. D’ailleurs, la croissance économique marocaine est prévue pour l’année prochaine à 4,5%, selon les estimations du PLF 2017 et 4,8% selon le FMI. D’autant qu’il ne faut pas le nier, le marché est étroit et les produits de placement ne sont pas nombreux. Et même ceux qui existent n’offrent plus des rendements intéressants, à l’instar des produits bancaires, des taux des bons du trésor ou encore des obligations privées. Dans ces conditions, Upline Securities pense que les taux obligataires devraient se maintenir à des niveaux relativement bas en cette année. Cette situation devrait pousser les investisseurs à renforcer leur poche actions, et ce, dans une optique d’amélioration du rendement moyen de leur portefeuille. Ceci ne pourrait que propulser le marché actions. A cela, il faut ajouter les prévisions favorables des sociétés de Bourse quant à l’évolution de la masse bénéficiaire. En effet, la majorité prévoit une croissance au titre de l’exercice 2016. Attijari Intermédiation table sur une hausse de 15,4% au moment où CFG Bank envisage une progression de 8%. Upline Securities n’est pas en reste puisque, selon elle, «le redressement des immobilières, l’allègement de la charge du risque et l’amélioration du résultat des opérations de marché pour les bancaires, la baisse du coût de l’énergie pour le BTP, ou encore l’impact de la hausse du dollar et des prix des métaux sur les minières, sont autant de facteurs qui devraient booster la masse bénéficiaire».

En tout cas, cette tendance haussière devrait se maintenir au moins jusqu’à la publication des résultats annuels des sociétés cotées. Si les prévisions des analystes sont confirmées, le trend devrait se poursuivre jusqu’à fin juin. L’on devrait toutefois assister à quelques corrections dues notamment à des mouvements de prise de bénéfices. Cela dit, aucun élément de taille ne devrait survenir pour bouleverser la donne.

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