La montée hypothéquée

Comme prévisible, les marchés d’actions européens ont accéléré leur hausse hier à la mi-journée. La publication d’une série de résultats encourageants, ceux d’Unilever notamment, suggérant que le pire est peut-être passé pour les entreprises, après un premier semestre mouvementé.
Vers 9H45 GMT, l’indice paneuropéen Ftse Eurotop 300 a accru ses gains et progresse de 2,35% à 976,22 points, repassant au-dessus de ses plus bas de la fin 2001 touchés une première fois après les attentats du 11 septembre puis enfoncés courant juillet. Eurotop 300 a déjà signé lundi dernier une envolée spectaculaire avant de connaître le lendemain un petit accès de faiblesse. Depuis le début de l’année, il reste en forte baisse de 25% environ.
L’indice limité aux valeurs de la zone euro, le DJ euro Stoxx 50 a progressé de son côté de 3,13% à 2.776,13 points. En Bourse de Paris, le CAC 40 s’est adjugé 3,41% à 3.495,16 points, le Footsie de la Bourse de Londres a gagné 1,93% et le DAX de la bourse de Francfort a gagné 0,86%. La place allemande est restée en retrait. Dans la matinée d’hier, elle était même en baisse alors que les autres bourses étaient en hausse. «Les résultats paraissent raisonnables et je pense qu’ils vont maintenant encore s’améliorer», résume Jason James, Stratège actions chez HSBC. «Dans les secteurs industriels, la tendance est à la hausse et cela devrait continuer au cours des prochains trimestres», ajoute-t-il. Jason James ne va pas toutefois jusqu’à annoncer une reprise générale des marchés d’actions, particulièrement malmenés ces dernières semaines. Avant que les bourses commencent à connaître un véritable rebond, il faut que les valeurs technologiques et des télécommunications donnent d’autres signes d’amélioration, souligne-t-il.
L’indice DJ Stoxx des valeurs européennes des télécoms a gagné pour l’heure 0,59% tandis que l’indice des techs a grimpé de 2,27%. «La grande question que se pose aujourd’hui le marché est la même qu’avant? Quelle valorisation donner aux TMT?», poursuit Jason James. «Je pense que les bourses auront du mal à se trouver un plancher tant que ces valeurs ne se seront pas stabilisées», ajoute-t-il. Les valeurs européennes les moins bien orientées sont toutes allemandes, comme le laisse entendre le comportement du DAX, qui reste en retrait par rapport aux autres indices. Le groupe postal Deutsche Post a perdu 3,27% à 10,35 euros après l’annonce d’une chute de son bénéfice net au premier semestre.
L’Union Européenne a réclamé que le groupe rembourse une aide publique, et cette décision a pesé sur le résultat. Le titre Deutsche Telekom a reculé de 0,90% à 12,13 euros. UBS Warburg a annoncé mercredi avoir abaissé sa recommandation sur le titre de l’opérateur télécoms allemand à réduire contre conserver. L’intermédiaire a également réduit son objectif de cours à 10 euros contre 17. Le groupe chimique Bayer et le groupe de services collectifs E.on ont perdu respectivement 0,91% à 27,15 euros et 2,31% à 50,68 euros. «Tout bien considéré, la volatilité devrait diminuer et il y a une bonne chance pour que le marché se trouve un plancher», commente à son tour Petra Kerssenbrock, analyste sur indices chez Commerzbank. Mais elle «ne pense que le pire soit encore derrière nous. Nous pourrions assister à de nouveaux accès de faiblesse». Une chose est certaine : les marchés européens montent sans volume en attendant le PIB US relève de son côté un sales trader d’une banque américaine. Le PIB devrait confirmer que la croissance économique a bel et bien fortement ralenti ces trois derniers mois.
Les économistes interrogés par attendent une croissance annuelle de 2,2%, bien en dessous des 6,1% enregistrés au premier trimestre. Il s’agirait toutefois encore du meilleur taux de croissance depuis le deuxième trimestre 2000.

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