La nécessaire réduction des coûts

Le sprint final est enclenché pour l’industrie automobile marocaine. D’ici 2012, en vertu du calendrier de démantèlement tarifaire portant sur les voitures particulières et les véhicules utilitaires légers, les droits de douane passeront des taux déjà réduits de 31,5% en 2003 pour les VP, 36% pour les VUL, à un taux nul. Un véritable bouleversement est donc à attendre. Les industriels s’y préparent. Le sujet a constitué l’un des thèmes majeurs de la journée de réflexion sur les industries des équipements pour véhicules, tenue à Casablanca, vendredi 6 février. L’étude de potentiel du secteur, organisée par la GTZ en partenariat avec l’Agence nationale pour la promotion de la Petite et Moyenne Entreprise, se veut une projection de l’industrie automobile en perspective de cette ouverture. L’étude réserve une grande part à la mise à niveau et à son corollaire, la maîtrise des coûts de production. Dans la structure des coûts de production d’une entreprise d’équipement automobile basée au Maroc, les matières premières sont passées d’un peu plus de 50% à 49% entre 2000 et 2003. Cette part pourrait encore baisser à 44% d’ici trois ans, selon l’étude qui a approché 38 entreprises entre avril et juin dont 10 donneurs d’ordre en Europe, en Allemagne et en France. Mais, si les matières primaires sont en diminution dans les coûts de production, l’étude remarque par ailleurs, que les frais de main-d’oeuvre, sont encore peu maîtrisés, ayant passé de 17,7% à 19%. La compression à ce niveau sera lente. Dans trois ans, le ratio sera ramené à 18,3%. Par contre, aucune précision concernant la part des salaires dans le coût global. Celle-ci est plus ou moins élevée compte tenu de la faible automatisation du secteur et des faibles taux d’utilisation des capacités. Des comparaisons faites par les entreprises des Faisceaux et Câblages (FC) situent le coût de la main d’oeuvre-marocaine à entre 1/6 et 1/5e du coût correspondant en Europe de l’Ouest. Autre facteur essentiel dans le coût: l’énergie qui représente 5,5% en moyenne dans l’industrie automobile. Quant à la part des frais généraux, estimés à 13%, elle provient, note l’étude, des considérations comptables qui, suivant les politiques d’incitation, transfèrent des dépenses d’un poste à l’autre. L’industrie automobile marocaine intègre le poste RD (Recherche Développement) pour environ 1% des coûts. L’absence d’incitation à ce niveau pousse la plupart des entrepreneurs à intégrer les dépenses de RD dans d’autres postes, notamment celui du frais de personnel. D’une manière générale, la réduction de coûts est perçue comme vitale par les entreprises interrogées. Elle passe avant l’information sur le marché, la formation de la ressource humaine, l’augmentation du capital et la Recherche et Développement. Dans l’immédiat, le marché local reste toujours la priorité des entreprises marocaines, contrairement à la Tunisie où, du fait d’un marché assez limité, le secteur s’est, dès le début, lancé sur l’export. Au Maroc, 67,8% des ventes sont absorbées par le marché local, contre 72,8% trois ans plus tôt. Le gain de parts de marchés s’est opéré essentiellement sur le marché de l’UE où l’industrie automobile marocaine a amélioré ses positions de 13%, il y a trois ans, à 19% en 2003. Autre conséquence de l’abaissement des barrières tarifaires et des accords de l’OMC, la concurrence étrangère, qui s’accentue sur le marché marocain. D’où l’idée de beaucoup d’industriels qui pensent que la libéralisation annoncée sera d’abord au bénéfice des entreprises étrangères. Mais, tous sont conscients que le développement passe aussi, en plus de la mise à niveau, par des partenariats forts. Pour le moment, ce partenariat est motivé seulement par des objectifs commerciaux. La participation au capital et l’accès à la technologie viennent loin derrière, suivant un ordre de priorité, quand même inverse de ‘industrie de l’équipement automobile dans le monde, productrice de 1 300 milliards d’euros de chiffres d’affaires dont 25% sur le marché de la rechange.

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