La panne structurelle de l’ONMT

Il y a trois ans, quand elle fut nommée à la tête de l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT), Fathia Bennis avait pour ambition de restructurer cette vieille institution datant de la fin de la première guerre mondiale et dont le nombre d’employés a toujours été un gros point d’interrogation. Depuis, les choses ont changé. Plusieurs chantiers ont été inaugurés. Le budget de l’Office a atteint désormais 350 millions de dirhams, contre 120 en 2000. Une augmentation sans précédent mais qui reste, selon la Directrice de l’ONMT, en déça des recommandations de l’Organisation mondiale du Tourisme. Côté bilan, plusieurs campagnes ont été lancées au cours de ces trois dernières années dans les marchés français, allemands, britanniques et au Proche-Orient. Trois délégations ont été ouvertes à Barcelone, Vienne et Dubaï. Une nouvelle démarche est initiée avec les T.O. «Nous essayons d’encourager ceux qui ont leurs propres compagnies aériennes. Par conséquent, il ne peut y avoir de problème avec la RAM». En ce qui concerne le tourisme intérieur, le bilan est mitigé. Hôteliers et professionnels restent assez partagés sur l’impact des deux Kounouz. Ces deux campagnes devront vraisemblablement inspirer les démarches futures pour le tourisme intérieur. Sur le plan organisationnel, l’ONMT passera dès 2004 au principe de la régionalisation du budget. Cela devra se traduire notamment par une participation active de l’ensemble des intervenants au niveau régional : élus, autorités et professionnels du tourisme. «L’objectif escompté de cette nouvelle démarche dans la préparation du budget étant d’atteindre une allocation budgétaire efficiente et consensuelle ». Déjà un problème se pose : en fonction de quoi seront accordées ces allocations qui ne seront pas les mêmes d’un CRT à l’autre ? L’Office se basera pour se faire sur le principe d’efficience. Trois axes d’allocation du budget ont été définis : par nature de dépense par région et par marché, avec une implication poussée des professionnels à tous les niveaux national, régional et international. L’affectation des budgets se fera à travers l’ expertise des produits touristiques et de leur potentiel et l’analyse approfondie des caractéristiques des marchés émetteurs (segmentation,comportements, attitude envers le Maroc). Pour une allocation consensuelle, l’élaboration du budget s’appuiera sur des clés de répartition rationnelles acceptées par tous. «L’implication des professionnels se fera à travers la mise en place de deux commissions dont l’une nationale et l’autre régionale, l’ONMT restant l’organisme gestionnaire des budgets de promotion, dont l’ordonnateur est le Directeur général de l’Office ou ses délégataires». En revanche, sur d’autres fronts, des projets stagnent. Annoncée depuis trois ans, la restructuration annoncée n’a pas encore eu lieu tout comme les contrats-progrès dont le principe est simple :rappeler au bercail le délégué en poste à l’étranger qui n’aurait pas atteint ses objectifs. Retard d’allumage ou simple effet des lourdeurs administratives ? Rien de tout cela. Selon la directrice de l’ONMT, les choses avancent : une nouvelle organisation a été mise en place. Les TO en poste à l’étranger ont reçus l’organigramme cible , en cours de validation. Mais, d’après nos informations, la Direction des Etablissements publics a opposé une fin de non-recevoir à ce nouvel organigramme au motif qu’il n’a pas été validé par le Conseil d’administration. Celui-ci, «réhabilité» avec l’arrivée de la nouvelle direction, ne s’est pas encore réuni cette année. Un rejet, somme toute, anecdotique puisque sur le terrain, le nouvel organigramme est déjà fonctionnel. Le directeur adjoint de l’ONMT nommé pour la première fois, a déjà hérité d’une mission difficile : la restructuration des ressources humaines. Ce sera peut-être en 2004.

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