La parole aux opérateurs

Kamal Bensouda, président du CRT de Marrakech : «Rester vigilants»
Deauville a été un moment important ayant confirmé au moins deux éléments. En 2005, le Maroc sera la première destination des touristes français. Une nouvelle croissance des deux chiffres est donc à attendre. Le Maroc commence à être apprécié par ses thématiques : Golf, congrès, circuits, etc… Ces différentes niches alimentent la croissance générale enregistrée. Seul point négatif à signaler, la bataille des prix, très visible sur le marché.
L’on voit que TUI et Thomas Cook ont attaqué le marché par le bas. Nous devrons rester vigilant sur le positionnement de la destination pour ne pas vivre les mêmes mésaventures que celles arrivées à la Tunisie. Mais pour le reste, l’image du Maroc est excellente. On n’a jamais été aussi proche du public.

Driss Faceh, président du CRT de Fès : «Jouer sur la durée de séjour»
L’on note beaucoup d’engouement pour Fès. Nous étions une vingtaine d’opérateurs venus de cette ville lors de ce Top Résa, soit quasiment la première délégation du Maroc.
Fait notable à souligner, il y avait quatre représentants des maisons d’hôtes. Nos constats sont les suivants : beaucoup de demande pour la ville de Fès, et arrivée de nouveaux TO comme Donatello, un des plus importants.
Les actions de cet opérateur combinées avec celles de Mille-Lieux, Royal Tours et Fram donneront une nouvelle impulsion à la destination. A signaler une nouvelle liaison entre Toulouse et Fès (deux vols hebdomadaires), une première entre ces deux villes. Mais en matière de tourisme, il faut dire que rien n’est gagné d’avance.
On est en train de renverser les tendances. Cette réalité est appréciable à travers la moyenne de la durée de séjour, passée de 1, 7 à 2,2 nuitées et l’augmentation des séjours dans l’ordre de 30%.
Mais Fès, de par son positionnement, ne peut que viser la qualité, le moyen et le haut de gamme. Il est préférable d’avoir 400 à 500 000 touristes dans cette catégorie, avec des durées de séjour plus allongées que de céder à la tentation du tourisme de masse. Il convient donc d’arrêter de signer avec des TO de basse contribution.
Nous avons une Médina unique au monde. Il est indispensable que cet espace garde son équilibre. Si demain, avec le tourisme de masse, on a une cinquantaine d’autocars par jours, et, par conséquent, de longs fils d’attente de touristes (des queues qui ne pourront se faire qu’en dehors de la Médina), il risque y avoir saturation et forcément un phénoméne de rejet de la part des résidents.
C’est pourquoi on veut atteindre 2 millions de nuitées en 2010, mais en jouant sur la qualité et l’allongement de la durée de séjours.

Mohamed Hetmi, président du CRT de Tanger : «Tanger doit revenir sur le marché français»
Pour Tanger, il y a longtemps que nous avons perdu ce marché français. Toutes les personnes contactées commencent aujourd’hui à reprogrammer notre destination.
La destination bénéficie sur le plan intérieur d’une grande sollicitude royale. Le CRT accompagne cette dynamique. Le Nord dispose aujourd’hui d’un atout majeur d’être un produit nouveau comparé au Sud. Nous avons commencé en partenariat entre la RAM et un organisme de communication d’organiser une campagne médiatique pour le Nord.
L’objectif est d’inscrire Tanger dans le plus grand nombre de brochures de TO.

Saïd Scally, président du CRT d’Agadir : «Le stand Maroc a vieilli»
Le Top Résa 2004 a été l’un des meilleurs salons à ce jour. Mais, il faut le souligner, le stand Maroc a veilli.
Il faudra à l’avenir revoir la conception, côté ONMT et côté RAM. La représentativité était importante avec un grand nombre d’opérateurs venus de toutes les villes.
L’optimisme était là. Le marché français était aussi au rendez-vous. Le produit Maroc s’y porte à merveille.
Mais il faut rester vigilant, en faisant attention au service. Nous devons maintenir le cap pour ne pas retomber dans une période de cycle.
Le Top Résa, qui est un salon de présentation des brochures de l’hiver, également un salon de bilan a permis de révéler que le Maroc se trouve bien positionné.
Dans le match de comparaison Maroc-Tunisie organisé au stand de la chaîne de télévision Voyage, le Maroc est sorti largement gagnant avec tous les éloges par rapport à son voisin. Mais j’ai trop peur que l’on croit que c’est gagné. Il y a beaucoup à faire pour améliorer le produit.

Marc Thépot, Accor Maroc : «Une bonne visibilité du Maroc»
Au stand d’ Accor Vacances, nous avons été impressionnés par la visibilité du Maroc qui présentait l’un des plus beaux stands durant ce salon.
Une telle mobilisation de la part des professionnels ne peut qu’encourager des groupes comme Accor à s’impliquer davantage.
Après cette importante présence des opérateurs, il nous est plus facile de mobiliser pour la destination les patrons d’Accor. Il y avait à notre stand (un stand il faut le dire où le coeur est partagé entre le Maroc et Accor), trois grands piliers du groupe Accor, à savoir Benjamin Cohin, Henry Giscard d’Estaing et des dirigeants de Lucien Barrière.
Le fait de voir un stand Maroc aussi dynamique les conforte dans leurs engagements. Le Maroc est sorti largement gagnant des comparaisons faites avec la Tunisie.
Avec de plus en plus d’opérateurs comme Accor, Fram, Club Med, TUI et Nouvelles Frontières, on peut dire que la destination Maroc est une mariée très convoitée.

Abderrahmane Oumani, président de la FNIH : «Eviter l’erreur de la Tunisie»
A la lumière du Top Résa et du séminaire sur le « nouveau marché français » organisé par la RAM, on peut dire qu’il y a beaucoup à faire.
La montée d’une part de l’Internet, d’autre part de la Chine nous poussent à revoir notre démarche.
Je pense qu’il faut dès maintenant ouvrir une délégation dans ce pays asiatique, attendu pulvériser le cap des 120 millions de touristes sur la période 2010-2020.
A défaut, on devrait au moins ouvrir un bureau auprès de l’ambassade du Maroc en Chine. D’autre part, on constate aujourd’hui que 30% des Français voyagent par les nouvelles technologies.
Pour le Top Résa, un autre enseignement se dégage : il faudra désormais s’intéresser davantage à la Province et démarcher les TO moyens.
Il ne faut pas que la clientèle bas de gamme dépasse 50% du total, pour éviter l’erreur de la Tunisie. Chercher la clientèle moyenne et haut de gamme passe par les niches.

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