La pauvreté en baisse dans le rural

La pauvreté en baisse dans le rural

C’est un rapport de la Banque mondiale (BM) qui le dit: les indicateurs socio-économiques se sont améliorés au Maroc et les programmes sociaux sont bien ciblés dans les zones rurales pauvres. Des conclusions qui ont été au coeur d’un atelier qui s’est tenu la semaine dernière à Mohammedia, sous le thème «Réduction de la pauvreté au Maroc : quels ciblages, quels instruments et quelles données ?».
Cette amélioration s’explique par l’aboutissement efficace d’ambitieux programmes relatifs notamment à l’alphabétisation et au développement rural. Ceci étant, l’étude menée par la BM révèle aussi une disparité géographique dans la distribution du bien-être au sein et entre régions et provinces, ainsi qu’une variation concernant la croissance dans les zones rurales et urbaines.
Aussi, les intervenants ont appelé à une meilleure prise en compte de certains agrégats économiques contenus dans l’étude de la BM, pour une action plus efficace dans le processus d’atténuation de la pauvreté. Il faudra, entre autres, une compréhension plus détaillée de la distribution spatiale de la croissance, de l’accès aux services, de la pauvreté monétaire ainsi que des impacts des politiques de réformes sur les ménages. Composé de sept chapitres, ce rapport, qui a été publié en septembre dernier, traite de plusieurs questions relatives notamment à l’étude des aspects spatiaux, de la pauvreté, aux dimensions géographiques et sociales, en passant par l’accès à des prestations de base comme l’éducation. Bref, un rapport dont les données sont d’une importance certaine, afin de cerner une question essentielle, à savoir : le ciblage géographique de la pauvreté. C’est ce qu’a indiqué Rahma Bourqia, la présidente de l’Université Hassan II de Mohammedia, l’institution qui a organisée cette rencontre en collaboration avec le bureau de la BM à Rabat. Une rencontre également animée par les interventions de Najat Yamouri, chargée de Communication et approches participatives de la BM au Maroc, Jennie Litvack et Dominique Van De Walle, deux économistes au département de la Recherche de la BM, ainsi que Touhami Abdelkhalek, professeur à l’Institut national de statistique et d’économie appliquée (INSEA).
Principalement dédiée au phénomène de la pauvreté, cette journée de travail a été suivie d’une autre le lendemain, mais à Rabat cette fois. Plus précisément, il était question d’exposer les premiers résultats de la stratégie 2020 du développement rural au Maroc. En présence du secrétaire d’Etat chargé du Développement rural, Mohamed Mohattane et d’une mission de la BM, des experts chargés de l’évaluation de la stratégie 2020 ont présenté les résultats de leurs travaux. Parmi ces experts, Larbi Zagdouni, l’actuel secrétaire général de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II (et précédemment un éminent enseignant-chercheur à l’Institut national de la Recherche agronomique) a indiqué que les indicateurs recueillis sur le terrain sont en cohérence avec l’esprit de la Vision 2020. Après avoir rappelé la disponibilité de nouveaux mécanismes de financement, le renforcement du rôle des associations, l’amélioration du cadre juridique et institutionnel, M. Zagdouni a appelé à une clarification du champ des compétences des acteurs du développement rural et à l’implication des collectivités locales dans le chantier du développement rural. A ce titre, les représentants de la BM ont précisé que si les programmes sociaux étaient généralement bien ciblés dans les zones rurales pauvres, ce n’était en revanche pas le cas dans le milieu urbain, où les pauvres ne bénéficient pas de l’ensemble de ces programmes.
Rappelons enfin que l’adoption de la stratégie 2020 pour le développement rural remonte à une rencontre tenue en juillet 2000, elle-même ayant découlé d’une longue réflexion en la matière, menée par le gouvernement depuis 1993.
C’est ce qu’a déclaré M. Mohattane, qui a avancé que l’étude sur l’évaluation de la mise en oeuvre des travaux de cette stratégie aboutiront à un rapport final, qui sera soumis aux intervenants concernés.

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