La PME toujours boudée par la Banque

Les banques marocaines boudent les PME-PMI. C’est la conclusion du séminaire organisé vendredi dernier à Rabat par la Banque du Maroc et la Société financière internationale (SFI). Pourtant le secteur de la PME (les études le montrent) représente un marché à fort potentiel que les banques marocaines, confrontées à une compétitivité internationale accrue, ne peuvent ignorer. Mais, comme l’a rappelé un banquier de la place, au Maroc, le financement de la PME est non seulement «coûteux» mais c’est d’abord un «risque». D’où, d’ailleurs, le fait que l’offre de crédit bancaire reste limité dans le Royaume, une constante partagée par tous les pays en développement où la notion du risque, contrairement aux pays industrialisés, n’a pas évolué.
Présent, le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a déclaré dans son discours d’ouverture lors de ce séminaire, la disposition de la Banque centrale à contribuer à aider à l’accès des PME au financement, «dans le cadre de nos compétences», a t-il bien tenu à préciser, en sachant que c’est aussi du côté des banques commerciales de la place que devrait venir le changement. Néanmoins, comme l’a rappelé M. Jouahri en félicitant au passage les deux institutions, le soutien de la Banque mondiale (BM) et de la SFI est nécessaire pour la mobilisation des ressources.
Dans tous les cas, la pérennité du système bancaire marocain dépend de sa capacité à élargir la base de sa clientèle, ont rappelé la plupart des intervenants. Cette nécessité n’est pas seulement nationale, mais elle est commune à toute une catégorie de pays. Dans le monde entier, le financement de la petite et moyenne entreprise est une nouvelle niche de croissance, pourvu seulement que l’optimisation des paramètres de l’activité y soit, en termes de volume, de marges et de risques. Ce dernier paramètre, souvent élastique, varie au Maroc d’un établissement à l’autre, avec, en moyenne, un plancher incompressible de 3%.
Point fort de ce séminaire, la présentation d’une analyse détaillée avec l’approche commerciale pour conquérir les PME-PMI et la mise à contribution des nouvelles technologies de l’information. Des exemples concrets ont été passés en revue, particulièrement dans certains pays émergents où l’expérience en matière de pénétration du marché de la PME a été menée à bon port. Il apparaît, d’après la plupart des intervenants, que la carte de crédit est l’une des meilleures formules pour l’octroi à moindre coût de crédits à la clientèle des PME-PMI qui y trouve un bon moyen de gestion de sa trésorerie.
Outre le directeur de Bank Al-Maghrib, étaient aussi présents, l’ambassadeur de Suisse au Maroc, M. Daniel Von Muralt, ainsi que de nombreux experts et financiers d’autres pays comme les représentants du Crédit populaire d’Algérie et de la Banque d’Algérie. Les banques marocaines étaient aussi bien représentées à ce séminaire dont l’initiative revient à la Banque centrale et à la SFI. But de l’initiative, exposer et analyser les meilleures pratiques internationales en matière de financement des entreprises et des PME en particulier. L’expérience de la SFI dans la facilitation du financement de la PME a été mise en exergue. D’autres thèmes ont été aussi abordés par des spécialistes, notamment les voies et moyens de «maximiser la rentabilité du marché des PME pour les banques», des cas de «sucess story» dans le domaine «risqué » du financement de la PME, des démarches à suivre pour «développer une offre de produits PME», et aussi d’autres outils complexes comme le «Crédit scoring et rating », ou encore «l’organisation efficace du recouvrement».

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