La profession se redéfinit

Le feuilleton de la réforme de la loi régissant les experts-comptables est loin d’être fini. Lors de son passage au Maroc, le 16 juin dernier, René Ricol président de l’IFAC (Fédération internationale des Comptables) a plaidé en faveur du retour du Maroc dans le gérant international. Il a même exhorté l’ensemble de la profession a trouvé un accord au sein d’une même organisation pour que le Maroc redevienne le 115 pays membre de la fédération alors qu’il en a été exclu suite à une sanction pour non-application des recommandations. «Un compromis, en faisant un pas les uns vers les autres, est à trouver. Il est urgent que les comptables et les experts-comptables se fédèrent moyennant des concessions de parts et d’autres. L’enjeu est capital, en tout cas, je vous invite à profiter de ma présidence de l’IFAC jusqu’à fin 2004», exhorte l’expert.
En effet, dépasser la polémique entre les experts-comptables et les comptables s’impose. Le besoin en techniciens comptables est de 50 000 pour l’Afrique et le Maghreb. La tendance mondiale fait des PME, voir les TPME (très petites moyennes entreprises), les valeurs sûres de l’avenir en matière de création d’emploi. Le besoin, par conséquent de techniciens comptables, véritable prescripteur et conseiller pour l’entreprise iront en grandissant. Le système, comme il est conçu scinde la branche comptable en deux listes. L’une concerne l’audit comptable et l’autre l’expertise en comptabilité.
Pour cette dernière, ce sont les experts judiciaires ayant un diplôme supérieur de l’ISCAE ou un doctorat de troisième cycle justifiant d’une expérience de 10 ans, qui sont habilités à intervenir. En revanche, dès qu’il s’agit de la révision comptable, donc d’audit, ce sont les membres de l’Ordre des experts-comptables qui sont compétents. Ces critères de fonctionnement existent depuis toujours et le projet de loi sur l’expertise judiciaire ne les cite pas, car il se limite à définir les principes généraux. Par contre, des projets de textes réglementaires précisent de nouveau les critères d’admission aux listes. D’ailleurs, la commission qui préside à l’admission à l’expertise judiciaire comprend, entre autres, les membres de l’Ordre ainsi que son président.
Depuis que la polémique autour de la révision des critères d’admission à l’Ordre des experts-comptables a atterri au Parlement, les tractions continuent pour trouver un arrangement convenable aux deux parties.
En parlant de spécialisation, la loi met l’exercice de l’expertise judiciaire en matière de révision comptable sous l’égide de l’Ordre, puisque ce dernier a le monopole de l’audit légal.
Même si l’Ordre est conscient de la nécessité d’intégrer les gens qui ont les diplômes exigés et l’expérience requise, serait-il prêt à leur permettre de rejoindre ses rangs sans examen? La question reste posée sachant que l’Ordre a perdu la première manche. Reste à savoir si celles qui sont à venir le seront aussi ! «la contrepartie d’un bon compromis pourrait être la délimitation du champ du commissariat aux comptes et de son exercice», avait laissé entendre Rene Ricol. Tenant compte de l’importance de la fonction comptable, véritable chaîne sécuritaire entourant l’entreprise, sans elle il n’y a point de solidarité nationale, de système fiscal, de répartition ou même de mesure de la performance de l’entreprise. Il est donc urgent de surmonter les divergences. Le Maroc se trouve actuellement, aux dires d’un expert, aux bons des normes comptables internationales. «Si tous les maillons de la chaîne ne se remettent pas en question et ne se réforment pas en même temps, la chaîne ne bougera pas ou son mouvement sera inefficace. Les auditeurs agissent, il serait bon que les autres professions concernées en fassent autant», expliquait René Ricol.

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