La qualité comme maître mot

La qualité comme maître mot

ALM : Après quelques mois de votre implantation au Maroc, quelle a été votre évolution ?
Patrick Cohen : Nous la jugeons satisfaisante. Après plus de six mois d’exercice, notre notoriété s’installe. Les entreprises font confiance à notre expérience, notre label et à notre image de marque, déjà bien installés en Europe.
Quel est votre regard sur le marché du travail temporaire au Maroc ?
Il est appelé à se développer davantage. Les multinationales présentes au Maroc y sont habituées. Elément notable, la demande, émanant généralement des grandes entreprises, notamment les multinationales, se fait ressentir actuellement de la part des PME. La flexibilité et les gains en productivité que permet le travail temporaire ne sont plus à démontrer. Le travail temporaire permet aux entreprises, qu’elle que soit leur taille, de dégager des gains de productivité en phase avec leur carnet de commandes. Côté demande, à notre niveau, le nombre de CV déposés à notre agence ou sur notre site www.crit-job.com a plus que triplé depuis deux mois, signe que les candidats intérimaires ont intégré Crit Intérim dans leur processus de recherche d’emploi .
Quelle a été votre approche spécifique pour pénétrer un marché déjà dense ?
Crit Intérim Maroc a bien l’intention de se positionner parmi les entreprises leaders du marché et être, en termes de qualité, une société de référence sur la place. Nous avons recours à l’expérience du groupe qui, à travers plus de 42 ans d’existence, a développé un savoir-faire conséquent. En plus, la situation du marché du travail temporaire au Maroc est semblable à celle de l’Espagne d’il y a quelques années. Notre groupe a accompagné, de façon dynamique, l’évolution du marché espagnol. Les recommandations et les enseignements à tirer de cette expérience ne manquent pas. La démarche du groupe impose un travail de partenariat visant le long terme, avec une approche sérieuse et une bonne organisation. C’est la raison pour laquelle notre stratégie commerciale a privilégié le marketing direct.
Quelles sont les limites que vous avez relevées au niveau du marché marocain ?
Crit Intérim Maroc doit se faire une place dans un marché difficile. En effet, le travail temporaire évoluait jusqu’à présent sans réglementation et dans le flou. Aucun chiffre ne permet de cerner l’activité. Certains opérateurs ne déclarent pas leurs intérimaires à la CNSS, ne les assurent pas toujours pour l’AT, pratiquent des salaires en dessous du SMIC et peuvent donc proposer aux entreprises des prix défiant toute concurrence . Heureusement que des entreprises sérieuses et structurées existent sur ce marché. Elles se plaignent d’ailleurs des pratiques “malhonnêtes” qui nuisent au développement et à l’image de la profession. Nos attentes au regard des nouveaux textes de lois sont grandes. Elles sont nourries par un besoin de réglementation du secteur, pour mieux défendre les droits des intérimaires, instaurer un véritable statut du collaborateur intérimaire et assainir la profession. Au moins actuellement, un cadre est tracé.
Quelles sont les principales limites du nouveau texte de loi ?
Avant de parler de limites ou d’imperfections, il y a d’abord lieu de relever que le travail temporaire est finalement reconnu comme acteur important du monde du travail. Toutefois, une meilleure adaptation à la réalité du terrain est à trouver. En tête, la durée du contrat, fixée à 6 mois maximum, est de nature à précariser les salariés eux –mêmes. Ainsi, le salarié qui ne serait pas embauché à l’issue des six mois perdra son emploi. De même, l’entreprise perdant un salarié qui a acquis un savoir-faire spécifique s’en trouvera également pénalisée. L’expérience menée dans d’autres pays montre clairement qu’une législation adaptée aux réalités économiques et sociales est nécessaire. En France où la législation est la plus contraignante d’Europe, le contrat de travail intérimaire peut aller jusqu’à 18 mois selon les cas de recours. En face, un contrôle des plus stricts, des entreprises de travail temporaire est à mettre en place. Une réflexion autour d’un outil de contrôle limitant les abus est à mener. D’ailleurs, les lois sont faites pour êtres améliorées en concertation avec tous les partenaires.

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