La quête de reconnaissance

Pour les entreprises, la demande de consultants indépendants ne constitue pas une nouveauté. C’est un phénomène qui a connu des hauts et des bas en fonction de l’évolution de la conjoncture économique. Au niveau international, l’explosion d’Internet a encouragé ce genre de pratiques professionnelles.
Grâce au Web, les free-lances se sont appuyés sur des sites de mise en relation qui, moyennant commission sur la prestation, les dispensent de dépenser trop d’énergie dans la recherche de clients et de missions. Pour les entreprises clientes, ces sites offrent une sécurité, quant à l’identification et à la validation des compétences. Le Maroc ne fera certainement pas exception. Mais cela prendra du temps, compte tenu du sous-équipement des entreprises et de la mentalité des dirigeants.
Dire aujourd’hui qu’il existe une forte demande en matière de free-lance est difficile à admettre, compte tenu de l’absence de chiffres officiels. Pour l’heure, il est quasi-impossible de disposer de statistiques fiables sur l’évolution des effectifs des indépendants. Certains indices permettent de croire en l’avenir de cette communauté professionnelle. Du moins, si l’on en juge par les propos des professionnels, ce marché vit une phase plutôt correcte en dépit des difficultés, d’autant plus que la tentation pour le travail indépendant n’est pas neuve. Elle date de plusieurs années. L’évolution de la conjoncture pour les indépendants épouse simplement les fluctuations du marché. Ce qui va vraiment changer, c’est le nouveau rôle que vont jouer dans l’avenir des agences et des intermédiaires qui prospectent pour les indépendants.
Pour des missions ponctuelles et des projets bien structurés, les grands comptes n’hésitent pas à s’adresser à des indépendants. La flexibilité, la faculté de pouvoir utiliser des compétences pointues pour ces missions sont évidemment appréciées.
Pour certaines entreprises, c’est la rareté en matière des ressources humaines qui les pousse à solliciter des consultants indépendants. S’agit-il d’une réalité pour tous les métiers ? Pas si sûr. Ce sont surtout les métiers à forte valeur ajoutée tels que la communication, la production du contenu, l’informatique…
Une chose est sûre : le recours à des compétences extérieures fait son petit bout de chemin dans les esprits et les organisations. D’autant plus que les freelances qui ont rompu les amarres avec le salariat sont de plus en plus nombreux. Ces derniers ne veulent pas jouer les seconds rôles. Ils sont en quête de reconnaissance. Mais la cote de ces francs-tireurs auprès des entreprises ne serait pas en effet au zénith, comme en témoignent plusieurs d’entre eux. Ils estiment que le traitement qui il leur est réservé par les entreprises est peu gratifiant.
Pour l’entreprise, solliciter un free-lance présente plusieurs avantages. Un consultant extérieur apporte un regard extérieur et sans concession sur des projets souvent complexes. Il s’agit avant tout simplement d’un grand professionnel, et peu conventionnel. Ce personnage-clé est appelé à conduire d’importants projets. Parfois, les entreprises sont contraintes de s’attacher à ses services, le temps d’une mission. Elles vont même jusqu’à recourir à des compétences étrangères qui ne se privent pas de demander de grands cachets.
Toujours est-il que le free-lance est encore à ses balbutiements au Maroc. Le développement de ce mode de travail dépend de la mise en place d’un cadre juridique comme c’est le cas pour d’autres pays. A cela, il faut ajouter la réticence des entreprises à recourir à des consultants externes et la lenteur en matière de recouvrement.
En tout cas, force est de constater que les jeunes cadres sont de plus en plus intéressés par le free-lance. Ils vont jusqu’à démissionner. En optant pour ce mode de travail, ils aspirent ainsi, dans une seconde phase, de s’installer pour leur propre compte.
Se mettre au free-lance ne s’invente pas, c’est une démarche professionnelle qui obéit à des règles. Avant de franchir le cap, il s’agit de développer son réseau relationnel et investir en matière d’équipements.
Parfois, ce n’est pas la compétence qui est le critère requis. D’autant plus que l’opacité est toujours de mise chez certaines entreprises qui recourent aux prestations des consultants externes. Le professionnalisme est certes indispensable, mais un bon carnet d’adresses s’avère plus que nécessaire pour se frayer un chemin dans le freelance.

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