La RATC concédée à la RATP française

Enfin, la RATC change de main, un peu à la hâte. Moins d’un mois sépare en effet l’ouverture des plis concernant l’appel d’offres relatif à la gestion déléguée de la RATC et l’annonce du choix de l’adjudicataire, désormais connu : le groupe M’dina Bus qui regroupe Finance.com, RATP de France et le groupe Bhaja Bus. Rappel des faits : immédiatement après l’ouverture des plis, fin mars, une commission technique avait entamé l’examen des différentes offres soumises par les entreprises concurrentes.
Deux groupements étaient en lice. Il s’agit de la société Connex, filiale de Veolia Environnement et du groupement M’dina Bus. L’examen du dossier administratif des candidats, de l’offre technique et de l’offre financière devait en principe prendre plusieurs mois. Auprès du Conseil, on assure que le dossier du nouvel adjudicataire respecte la totalité des exigences du cahier des charges.
Les références techniques sont conformes au cahier des prescriptions spéciales qui place en priorité la question du personnel. Le nouvel opérateur va donc reprendre les 2.200 salariés que compte la RATC. Il peut ensuite réorganiser le personnel suivant les impératifs de la rentabilité et procéder aux restructurations nécessaires.
Les tarifs seront maintenus, pendant la première année. Et ce n’est qu’à la deuxième année qu’il pourra revoir à la hausse les prix selon un “échelonnement négocié avec le Conseil de la ville. Pour le reste, M’dina Bus va exploiter en exclusivité 63 lignes. Les autres seront partagées avec les concessionnaires privés à raison d’un seul concessionnaire par ligne. Air du temps oblige, cette opération trouve un écho dans la ville de Mèknes, où le Conseil de commune urbaine vient d’adopter, vendredi une décision portant concession de la Régie autonome des transports urbains de Mèknès (RATUM).
Comme pour la RATC, les conseillers de la ville ont insisté sur la nécessité de préserver les droits et acquis des salariés, et ce à travers des dispositions à mettre en oeuvre pour garantir les droits des agents et personnel de la Régie.
Parmi ces dispositions, figurent notamment la régularisation des arriérés dus aux caisses et organismes sociaux (CNSS, CIMR et mutuelle) et le règlement des indemnités aux agents qui opteront pour un départ volontaire.
La RATUM, qui vient de reprendre service après plus de trois semaines de grève observée par le personnel en protestation, notamment contre le retard enregistré dans le paiement des salaires, souffre comme sa consoeur casablancaise d’un déficit chronique de l’exploitation ayant conduit à un surendettement chiffré à plus de 220 millions de dirhams : dettes envers les fournisseurs, organismes sociaux et sociétés de crédit. Une situation qui s’est répercutée sur le parc auto de la Régie, qui ne compte aujourd’hui que 25 bus opérationnels sur les 104 dont dispose la RATUM, ainsi que sur le nombre de lignes desservies qui ne dépassent guère 17. Ahurissant.

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