La R&D, parent pauvre de l’entreprise

La fonction recherche/ développement n’a pas encore atteint toutes ses lettres de noblesse au sein des entreprises marocaines. Du moins, si l’on en juge par une étude menée par le ministère du Commerce dont les résultats viennent d’être publiés. Il en ressort que 8% des entreprises concernées par l’enquête (représentant 20% en termes de chiffre d’affaires de l’échantillon retenu) engagent des investissements en matière de recherche et développement (R&D). Cela ne se traduit pas pour autant par la mise en place de département dédié à cette fonction devenue de plus en plus stratégique.
En effet, l’enquête du département du Commerce souligne que les entreprises recourent à la sous-traitance pour mener à bien leurs travaux de R&D. Près de la moitié des structures commandent ses travaux aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur (14% des commandes).
L’étude révèle aussi que 25% des entreprises disposent de moyens et de compétences pour investir dans la recherche et le développement. Ce constat repose sur les déclarations des unités en question.
Leurs responsables indiquent, en effet, qu’ils projettent de mener dans le moyen et longtermes des activités de R&D.
En termes de coût, l’étude du ministère du Commerce soulève, entre autres, que la recherche et le développement nécessite en moyenne un investissement de 1,4 million de DH par entreprise. La moitié de cette enveloppe budgétaire est consacrée aux ressources humaines dédiées à cette fonction.
Quant à la sous-traitance, elle représente 29% des charges globales de R&D. En ce qui concerne le profil des compétences dédiées à cette activité, on apprend que 26% sont des chercheurs-ingénieurs et 42 % sont des techniciens.
Autre constat : au niveau national, la région du Grand Casablanca s’accapare, à elle seule, 70% des investissements alloués à la R&D.
L’enquête du département du Commerce constate que les secteurs du textile et du cuir ainsi que les industries électriques et électroniques figurent en tête de liste des activités faisant preuve de dynamisme dans ce domaine.
Si l’on se fie aux conclusions de l’étude, les entreprises du textile et du cuir dépensent en moyenne plus de 2 millions de DH en recherche et développement dont 82 % sont alloués aux charges du personnel, notamment en ce qui concerne la formation dont celui-ci a bénéficié.
L’une des conclusions majeures qu’il faut retenir de cette étude, c’est que 60% des entreprises qui ne développent pas des projets de R&D estiment que leur activité ne nécessite pas un tel investissement. Le reste met en avant les contraintes liées notamment à la faiblesse des moyens et à l’absence de mécanismes d’accompagnement et d’appui.

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