La recette BMCE pour sortir du marasme

L’industrie du plastique peine à décoller. Elle bénéficie certes de l’engagement de l’Etat, peut tirer profit du dynamisme de l’Association marocaine de la plasturgie (AMP), mais l’appui du secteur bancaire lui fait encore défaut.
L’implication de l’AMP et des pouvoirs publics ont permis «l’amélioration de la production des entreprises, la recherche d’opportunités de sous-traitance au Maroc et l’encouragement de la formation du personnel», explique une récente étude de BMCE consacrée au secteur. Toutefois, outre l’engagement de l’Etat, les firmes «ont besoin d’être accompagnées aussi bien sur le plan financier que sur le plan conseil afin de se mettre à niveau», soulignent les auteurs de l’étude. Dans ce sens, « il serait pertinent d’apporter le soutien financier dont ces firmes ont besoin», ajoutent-ils. L’enjeu est de taille. La plasturgie affiche, en effet, des perspectives de développement «prometteuses».
Dès lors, « il serait judicieux, pour le secteur bancaire, d’accompagner le cycle d’investissement des entreprises et de financer la recherche et le développement», recommandent les auteurs de l’étude de la BMCE. Les entreprises du secteur doivent également entamer d’urgence leur mise à niveau. Ainsi, la certification serait un facteur déterminant dans ce processus.  Or, selon l’AMP, sur les 245 entreprises de la plasturgie, seules 28 sont certifiées ISO 9000 et aucune ne dispose de la certification ISO 14000, principale norme environnementale.
En somme, les entreprises doivent se restructurer, améliorer la qualité de leurs produits et investir dans du matériel plus performant. L’intégration verticale de nombreux opérateurs permettant une baisse des coûts de production et une meilleure compétitivité face aux produits importés. «Les entreprises marocaines pourraient alors suivre l’exemple de la SNEP, qui entrera en bourse courant 2007, et opter pour une intégration verticale», préconisent les auteurs de l’étude. «La concentration du secteur limiterait les effets de la concurrence chinoise», précisent-ils.
Aujourd’hui, l’offre demeure inférieure à la demande et les entreprises «doivent s’aligner sur les exigences des donneurs d’ordres», fait ressortir l’étude de la BMCE. Ainsi, faute de pouvoir se fournir sur le marché local, certaines firmes textiles et agroalimentaires se trouvent dans l’obligation de recourir à l’importation des emballages correspondant à leurs besoins.
De même, l’emballage à usage ménager et industriel est fortement consommé sur le marché local. Cette demande connaîtra, de surcroît, une «croissance importante du fait de la stratégie 2020 de développement rural et de l’ouverture au partenariat SODEA-SOGETA, comprenant 205 projets, dont 39% destinés à l’agro-industrie», précisent les analystes de la BMCE.
L’activité du bâtiment et des travaux publics constitue, également un catalyseur pour l’évolution des entreprises spécialisées dans la fabrication de tuyaux et de tubes en plastique. Le secteur absorbe près de 15% de la production de la branche plastique. Ce chiffre devrait encore connaître une forte progression dans les années à venir.
L’automobile représente un autre débouché non moins important. En cela la croissance des investissements des équipementiers ne peut qu’encourager l’intégration horizontale de ces deux métiers. La baisse des droits de douane sur les matières premières, la demande croissante pour les produits en plastique, ainsi que la diversification et l’innovation dans la production sont également des facteurs à même de stimuler le développement de la plasturgie.

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