La reconduction de l’accord de pêche remise sur le tapis

La reconduction de l’accord de pêche remise sur le tapis

La nouvelle est tombée, mercredi 4 décembre, de la bouche de Miguel Arias Canete, le ministre espagnol de l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. C’est officiel, le gouvernement espagnol demandera à la Commission européenne (CE) la négociation d’un nouvel accord de pêche entre l’Union européenne (UE) et le Maroc. Ainsi, M. Canete a annoncé, à l’occasion d’une conférence de presse, son intention de transmettre cette demande à la CE lors de la réunion qu’il tiendra, le 10 janvier, avec la Commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki. «Le Maroc est animé d’une volonté sincère de parvenir à un accord», a-t-il souligné, rappelant que le Royaume n’est pas responsable de l’arrêt de l’activité de 64 bateaux de pêche espagnols. Cependant, ce n’est pas du tout le même son de cloche chez les professionnels du secteur au Maroc. «Il faut appeler un chat un chat. Les ressources halieutiques actuelles du Maroc ne permettent aucune reconduction de l’accord de pêche. Il n’y a qu’à voir les résultats déficitaires du secteur depuis trois ans déjà pour comprendre que les ressources sont surexploitées», a commenté pour ALM Kamal Sabri, président de la Chambre des pêches maritimes Atlantique Nord, relevant du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime. Et de poursuivre: «L’équation est claire, face aux ressources qui se raréfient, même si le Maroc négocie une contrepartie financière importante il sera perdant. La ressource halieutique n’a pas de prix et si dans quatre ans il n’y en a plus, on n’aura plus rien à négocier». De l’autre côté de la rive, M. Canete a qualifié de «priorité politique absolue» du gouvernement espagnol la reprise de la coopération de l’Espagne avec le Royaume dans le domaine de la pêche et qui se faisait «en toute normalité et de manière efficiente jusqu’à la décision du Parlement européen de rejeter la prorogation de l’accord de pêche Maroc-UE». Pour M. Sabri, «le Maroc avait toujours été favorable à l’accord de pêche du point de vue de ses relations bilatérales stratégiques avec l’UE. Maintenant que la rupture de cet accord a été prononcée par le Parlement européen, et que l’Espagne la conteste, il ne s’agit plus de nous. Il s’agit d’un problème que l’Espagne doit régler directement avec l’UE». Et d’ajouter que, «désormais, les seuls accords possibles du Maroc avec l’Espagne concernent la remise à niveau des bateaux marocains existants afin de profiter de la grande expérience de ses professionnels dans le cadre du programme «Ibhar», ou encore des accords pour engager des marins espagnols sur notre flotte. Au-delà c’est la faillite». Ainsi, entre la volonté espagnole d’une reconduction de l’accord de pêche, la résignation des pêcheurs marocains et la décision du Parlement européen, le constat semble clair. Une possible reconduction de l’accord relève, désormais, du miracle.

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