La reprise attendue en 2010, pas la baisse du chômage

La reprise économique mondiale est désormais attendue en 2010, mais son ampleur devrait rester limitée selon les économistes, d’autant que si la production redémarre, le chômage semble appelé à durer. Une sortie de crise l’an prochain ? Au cours des dernières semaines, plusieurs hauts responsables ont dit croire à cette hypothèse. Ainsi, pour la Réserve fédérale américaine (Fed), le Produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis devrait voir sa chute ralentir cette année, avant de «progresser lentement» en 2010. Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a dit de son côté tabler sur une reprise dans le courant de l’année prochaine. Après le sommet du G20, le président du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, avait aussi confirmé le scénario d’une reprise au premier semestre 2010, à partir des Etats-Unis. Plus récemment, le président américain Barack Obama a distingué des «lueurs d’espoir» pour l’économie de son pays. «Tout ce qu’on sait, c’est qu’un jour ça va repartir» tempère Charles Wyplosz, professeur à l’Institut des hautes études de Genève. «Ce qui coûte le moins cher en terme de reprise, c’est de l’annoncer et d’être cru !», ajoute-t-il. Si reprise il y a l’an prochain, elle sera faible, s’accordent en tout cas les économistes. «La crise financière a été tellement profonde que ce serait normal d’assister à un rebond, mais il ne faut pas s’attendre à un fort redémarrage de l’économie», juge ainsi Kenneth Rogoff, professeur à l’université d’Harvard. En outre, une grande incertitude demeure quant à l’état de santé réel du système financier, estime cet ancien économiste en chef du FMI, pointant «le manque de transparence» avec lequel a été opéré son sauvetage. Pour Michel Aglietta, économiste du Centre d’études prospectives et d’informations internationales, «quelques indices objectifs montrent que le rythme de contraction du Produit intérieur brut américain se ralentit». Le président Obama s’est félicité de récentes évolutions encourageantes sur la stabilisation du marché immobilier, le déblocage du crédit et les plans d’assainissement du système bancaire. Mais «il peut y avoir des mauvaises nouvelles qui relancent le pessimisme ambiant», prévient Michel Aglietta, qui s’inquiète notamment que les actifs «toxiques» des banques ne trouvent pas preneurs malgré le plan américain. «De nombreuses entreprises vont encore faire faillite, les demandes de crédit vont augmenter et les risques liés à la montée du chômage sont élevés», ajoute l’économiste. Certains experts redoutent même une désillusion, qui succéderait à une courte période d’euphorie.

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