La reprise tarde à venir

A fin août 2003, les flux commerciaux avec l’étranger se sont stabilisés comparativement à la même période de l’année dernière. Les exportations se sont repliées de 5,2%. Quant aux importations, elles ont progressé légèrement de 2,4% en lien avec la hausse de 7,9% des importations hors pétrole, notamment les biens d’équipement, les demi-produits, les produits bruts et les biens de consommation. C’est ce qui ressort de l’analyse de la DPEG dans son point de conjoncture internationale du mois d’octobre 2003. Ainsi, le déficit commercial global s’est aggravé, à fin août 2003, de 18,3% selon l’Office des Changes. S’agissant des recettes voyages, elles se sont inscrites en hausse de 27,6% par rapport à la moyenne des recettes réalisées à fin août des années 1998 à 2002. Par rapport à la même période, les transferts des Marocains Résidents à l’Etranger ont progressé de 28,5% pour atteindre 22,5 milliards de dirhams. De leur côté, les investissements et prêts privés étrangers ont atteint plus de 14,6 milliards de dirhams, en progression de 26,3%, en lien avec les récentes opérations de privatisation. La demande étrangère adressée au Maroc devrait croître, en volume, de 5% en 2004, après avoir enregistré 2,7% en 2003, en lien avec la légère reprise économique attendue en Europe dès l’année prochaine, notre principal partenaire économique. Pour autant, le danger de voir la reprise de l’économie européenne s’affaiblir ne peut être écarté. La persistance de déséquilibres importants aux Etats-Unis pourrait en effet conduire à une forte dépréciation du dollar susceptible de compromettre la consolidation du redémarrage de la croissance européenne, affectée à la fois par le ralentissement des débouchés américains et par les pertes de compétitivité. Aussi, des simulations des impacts sur l’économie nationale ont été conduites en considérant, en plus de l’hypothèse relative à la hausse des cours pétroliers de 5% compte tenu du niveau très bas des stocks pétroliers dans les économies avancées, celle d’un ralentissement de la demande adressée au Maroc de 2 points, en lien avec la baisse du rythme de croissance de l’Union européenne en 2004. Par rapport aux hypothèses convenues dans la loi des Finances 2004, ce scénario révèle que le rythme de croissance des exportations se réduirait respectivement de 0,8% et de 1,5% en 2004 et 2005, affecté par la baisse de la demande étrangère. Le resserrement des débouchés conduirait les entreprises marocaines à ajuster leurs effectifs. Ainsi, l’emploi manufacturier reculerait de 0,3% en 2004, puis de 0,6% en 2005. Ce repli devrait peser sur la consommation des ménages, dont le rythme de croissance se réduirait respectivement de 0,2% et 0,4% entre 2004 et 2005. «Au total, toutes choses égales par ailleurs, la croissance économique se contracterait de 0,3 point en 2004 et de 0,7 point en 2005», précise la DPEG. Le compte courant se replierait de 0,3 point du PIB en 2004 et de 0,5 du PIB en 2005. En revanche, l’impact sur les finances publiques serait modéré, le solde budgétaire ne se dégraderait que légèrement de 0,1 point du PIB la deuxième année. L’appréciation de l’euro par rapport au dollar permettrait d’atténuer les résultats de ce scénario. Ainsi, la prise en compte de l’effet change se traduirait par une amélioration du PIB de 0,8 point en 2004 comme en 2005 et par une baisse du taux de chômage de 0,4%. La dépréciation du dirham par rapport à l’euro aurait un impact direct sur les flux d’importations, qui seraient ralentis de 1,5 point en 2004 et de 2,1 points en 2005. A l’inverse, les flux d’exportations progresseraient de 0,8 point en 2004 et de 0,7% en 2005. Toutefois, le solde courant se replierait de 0,3 point du PIB en 2004, avant de s’améliorer légèrement de 0,1 point en 2005.Concernant les comptes publics, l’incidence sur le budget de l’Etat serait positive.

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