La ruée vers l’immobilier

L’immobilier a toujours été le plus grand secteur d’investissement des MRE. Mais lors du boom boursier dans le milieu des années 90, les Marocains ont commencé à tourner le dos à l’immobilier pour investir dans la bourse des valeurs, générant ainsi des profits considérables. Ce revirement a été encouragé par les banques commerciales installées dans les pays d’accueil, essentiellement en Europe. Mais cette tendance a été amortie par la crise que connaît la bourse depuis quelques années.  Aujourd’hui, les clients MRE sont de deux types, correspondant à deux générations. La première est composée de travailleurs immigrés en Europe au cours des années 60 et 70. Leur épargne est destinée en premier lieu à l’achat d’un bien immobilier dans leur région d’origine. Quant à la deuxième génération, celle des enfants, ses préoccupations et ses goûts sont totalement différents. Ils visent d’autres types de produits immobiliers. Il s’agit de logements "prêts à habiter", des chalets ou des bungalows, dans des villes touristiques, les plus souvent balnéaires. Cette demande est prise au sérieux par les promoteurs immobiliers, publics et privés. Ainsi des missions de prospection commerciale sont effectués régulièrement par le ministère de l’Habitat dans les plus importants pays d’accueil d’Europe.
Cette année, elles ont été réalisées au cours du mois de juin (du 5 au 20). Le ministre de l’Habitat, Taoufiq Hjira, a présidé la première, à Paris. D’autres ont été effectuées en Belgique, en Allemagne, en Espagne et en Italie. Le but était d’informer les MRE sur l’offre immobilière existante, les sensibiliser à investir dans ce secteur et même de conclure, à la demande des MRE, des contrats de pré-vente. Parallèlement à cela, les MRE font part à chaque occasion de leurs préoccupations et de leurs craintes avant l’achat d’un bien immobilier. Ainsi, certains se plaignent du non-paiement du loyer lorsqu’ils mettent leurs maisons en location. D’autres attirent l’attention sur l’insécurité. En effet, bon nombre d’entre eux se font cambrioler après leur retour au pays d’accueil. Tous se plaignent des tracs administratifs. C’est le cas des impôts et surtout des frais de retard qu’ils sont obligés de payer. Ils demandent un peu plus d’indulgence à leur égard. Les régies de distribution d’eau et d’électricité sont également appelées à faire preuve d’indulgence et de compréhension avant de retirer les compteurs des maisons appartenant aux MRE. Tout cela conduit à une perte de confiance total chez les Marocains résidant à l’étranger.
En fait, les MRE n’exigent pas un statut à part. Ce qu’ils souhaitent c’est d’être traités convenablement. C’est la moindre des choses, puisqu’ils sont à la fois citoyens Marocains et investisseurs potentiels. Cette double qualité dans un Maroc qui se construit est un argument de taille plaidant en faveur de l’instauration d’un statut de MRE.

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