La Société Générale chute encore en Bourse

La Société Générale chute encore en Bourse

La garde à vue de Jérôme Kerviel, qui a clamé dimanche son innocence par l’intermédiaire de ses avocats, devait s’achever lundi en début d’après-midi et ce trader, mis en cause par la Société Générale pour une «fraude» de 4,9 milliards d’euros à son encontre, pourrait être présenté à la justice dans la foulée.
La garde à vue, entamée samedi peu avant 14H00 dans les locaux parisiens de la brigade financière, dans le XIIIe arrondissement, a été prolongée de 24 heures dimanche et devait donc s’achever lundi en début d’après-midi. A l’issue de ces 48 heures légales de garde à vue, le courtier sera soit remis en liberté, soit présenté au parquet de Paris, qui pourrait alors ouvrir une information judiciaire et transmettre le dossier à un juge d’instruction en vue de sa mise en examen. Dimanche soir, ses avocats, Elisabeth Meyer et Christian Charrière Bournazel, ont clamé son innocence et mis en cause la banque. Ils l’ont accusée de vouloir «élever un écran de fumée» pour détourner l’attention du public «de pertes beaucoup plus substantielles (…) accumulées notamment dans l’invraisemblable équipée des subprimes». La banque n’a pas souhaité commenter ces déclarations.
Dimanche, le chef de la section financière du parquet de Paris a souligné que l’enquête progressait de manière «extrêmement fructueuse».
Le magistrat a précisé que Jérôme Kerviel avait apporté «des éléments très intéressants» aux enquêteurs qui tentent d’y voir clair sur la manière dont il aurait contourné les multiples protections de la banque.
Les enquêteurs cherchent aussi à savoir s’il a agi seul et à connaître sur ses motivations. La possibilité qu’il soit un «hacker» (pirate informatique) est envisagée, selon des sources proches du dossier. La Société Générale a pour sa part expliqué dimanche que les positions frauduleuses prises par le courtier atteignaient «environ 50 milliards d’euros» avant que la banque ne ramène sa perte à 4,9 milliards d’euros. Selon un dirigeant de la Société Générale, «rien à ce stade ne permet de penser que le trader mis en cause a bénéficié de complicités tant internes qu’externes, même s’il ne pouvait pas l’assurer à 100%».
La Bourse de Paris a ouvert en forte baisse lundi, dans le sillage des marchés asiatiques, sur fond de craintes pour l’économie mondiale et de nervosité avant la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed). Vers 09h 10 (08h 10 GMT), l’indice CAC 40 perdait 2,24% à 4.768,77 points, plombé par la totalité des valeurs qui le composent, après avoir terminé vendredi en repli de 0,76%. La Société Générale, en particulier, poursuivait sa descente de la semaine précédente et perdait encore 3,68%.
Les places asiatiques ont recommencé à chuter lundi, emboîtant le pas à Wall Street, alors que les investisseurs s’interrogent à la fois sur la santé de la première économie mondiale et sur la décision de politique monétaire que rendra la Fed mercredi.

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