La stratégie Indienne de l’OCP

Le directeur général de l’Office chérifien des Phosphates (OCP), Mourad Chérif, a conduit une importante délégation de l’office aux travaux de la conférence annuelle de l’Association des engrais de l’Inde. Par la même occasion, il a présidé, le samedi 6 décembre à New Delhi, avec les partenaires indiens du groupe, les conseils d’administration des sociétés “Pradeep » et « IMACID ». En plus d’avoir représenté le Royaume aux travaux de la conférence qui réunit chaque année les grands opérateurs internationaux du secteur, l’OCP a organisé une série de contacts et de rencontres avec les délégations de pays amis mais l’essentiel de son action à New Delhi visait surtout les fournisseurs, clients et partenaires indiens afin d’épouser l’évolution du plus grand marché du monde et d’en absorber les fluctuations possibles tout en renforçant sa présence. L’«IMACID» basée à Jorf Lasfar et créée en 1997 avec un investissement de 230 millions de dollars par l’OCP et le groupe indien « Chambal Fertilizers and Chemicals » sont opérationnels depuis avril 1999 avec une capacité de production annuelle d’un million de tonnes d’acide sulfurique et 330.000 tonnes d’acide phosphorique. Les 2/3 de sa production couvrent les besoins du partenaire indien en acide phosphorique, le tiers restant est exporté tel quel ou transformé en engrais et cédé au groupe Chambal. L’OCP a aussi repris, avec le géant « KK Birla », la société « Paradeep Phosphates Limited » en février 2002, dans le cadre du programme de privatisation du gouvernement indien, «pour en faire l’une des sociétés du secteur la plus performante au point de se voir décerner le prix de l’entreprise dont le rendement a enregistré la plus forte hausse dans les domaines des engrais», est-il précisé par un communiqué relayé par l’agence MAP. La « Paradeep », dont les locaux se trouvent à Bhubaneswar sur la côte-Est du sous-continent indien, dans l’état d’Orissa, avait une capacité de production de 720.000 tonnes et battait de l’aile avec une production effective de 235.000 lors de l’exercice 2001-02. La reprise par l’OCP et l’apport du savoir-faire marocain, aussi bien du côté gestion que technique, notamment avec l’implantation à Bhubaneswar d’ingénieurs marocains, ont dopé l’entreprise dont la production a plus que triplé en un an pour atteindre 753.000 tonnes en 2002-03. Pour l’actuelle année fiscale indienne qui se termine fin mars, la production de la « Pradeep », qui restera le premier grand investissement étranger direct dans le secteur des engrais en Inde depuis l’ouverture de l’économie indienne au début des années 90, se situait déjà, début décembre courant, aux environs de 595.000 tonnes. Le séminaire de la « Fertilisers Association of India » consacré cette année au thème « Le secteur des engrais en Inde : une nouvelle ère », a permis de faire l’état des lieux du secteur et de passer en revue les perspectives, notamment les défis de la mondialisation avec le round en cours des négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La contribution au développement durable de l’agriculture, les questions ayant trait à la production d’engrais et le changement de stratégie de marketing ont dominé les débats, mais un accent particulier a été mis sur les implications de la nouvelle politique de dérégulation du gouvernement indien sur la santé financière de l’industrie et la formulation de stratégies à même de garantir la survie et même la croissance tout en répondant aux besoins croissants du secteur agricole qui emploie plus de 500.000 âmes. Au terme des travaux de la conférence, le directeur général de l’OCP a présidé les conseils d’administration des deux sociétés du groupe travaillant sur le marché indien avant de se rendre à Bangkok où il prend part, du 8 au 11 décembre, aux travaux du très select et restreint comité exécutif de la « International Fertilizers Industry Association » (IFA). «Mourad Cherif qui est membre du comité et vice-président de la « IFA » caresse l’espoir, mais s’emploie également à faire venir les 2.000 poids lourds internationaux de la « IFA » au Maroc en mai 2004, durant une semaine, à la faveur d’une conférence annuelle, pour le continent africain», est-il mentionné.

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