La tomate de la discorde

Le message des Européens est explicite. Ils font savoir qu’il n’y aura pas d’accord proprement dit portant sur les exportations marocaines de tomates tant que le dossier de la réciprocité n’est pas réglé. Une sorte d’équilibre que l’Union européenne réclame depuis bon temps, et ce en contrepartie d’une ouverture plus intense aux exportations marocaines. En clair, ils désirent obtenir progressivement une exonération pour 30 % des produits agricoles exportés au Maroc. Sont à citer les céréales, la viande et le lait. Aussi, ils ne tolèrent pas que le Maroc, importateur net de blé s’approvisionne de la Russie, alors qu’il est plus raisonnable de traiter avec un partenaire, l’Europe en l’occurrence, qui ouvre ses portes à ses exportations.
L’attitude de l’Union européenne permet de dire que celle-ci attend que le Maroc convienne du principe de la réciprocité. Cela suppose que le Maroc lui accorde des préférences en termes de quantités des produits agricoles importées et des tarifs douaniers. La réponse qu’a donnée le Maroc semblerait ne pas satisfaire ses partenaires européens. La preuve n’est autre que le blocage des négociations jusqu’à nouvel ordre et la reconduction d’un accord basé sur les échanges des courriers.
L’annonce faite mardi à Bruxelles par la Commission européenne évoque la conclusion d’un contrat qui prend la forme d’échanges de lettres entre le Maroc et l’Union Européenne (UE). Cet accord, qui couvre la seule campagne allant du 1er octobre 2002 au 31 mai 2003, devra voir le jour incessamment.
Dans sa version préliminaire, il fixe le volume des importations de l’UE de tomates marocaines durant la campagne 2002-2003 à quelques 168.757 tonnes. « Cet accord temporaire intervient dans l’attente de la conclusion de la renégociation globale des concessions réciproques de l’accord d’association euro-méditerranéen », explique-t-on au sein de la Commission européenne. Il est ainsi supposé remplir un vide en admettant la continuation du flux traditionnel du commerce de tomates en provenance du Maroc tout en évitant la perturbation des marchés de l’UE. Les producteurs et exportateurs risquent d’attendre encore longtemps avant d’assister à la conclusion d’un accord qui les favorise. Et c’est la tomate qui paye le prix d’une ouverture maîtrisée.

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