La tomate marocaine recule à l’export

La tomate marocaine recule à l’export

La tomate marocaine a du mal à voyager. A fin octobre, les exportations de cette denrée étaient en chute de 71% par rapport à la même date de la campagne précédente. Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes fait état de seulement 4 000 tonnes enregistrées à l’export dans les ports marocains, contre 14 000 T, il y a une année. Les primeurs enregistrent une baisse de 52% à l’export.
Raison de cette contre-performance : la vague de chaleur qu’a connue le Maroc durant le mois d’août et de septembre. L’augmentation de température a entraîné une «dépréciation de la qualité exportable», lit-on dans la note ministérielle. Les fortes chaleurs ont affecté les trois premiers bouquets. D’autres phénomènes comme le recul de la consommation, lequel a déjà freiné la commercialisation des produits marocains, et la perte d’attrait des grandes surfaces en Europe, pour crainte de produits modifiés ou non naturels, a accentué la tendance.
Pour le reste, le ministère prévoit une production de tomates de 660.000 T dont 600.000 T sous serre. La superficie semée en tomate primeur n’a pas varié par rapport à l’année dernière. La région du Souss Massa Drâa vient en tête avec 4.150 ha de cultures.
Cette baisse des exportations est d’autant plus critique que la production marocaine est confrontée au défi de la traçabilité, règle de l’UE qui sera applicable dès le premier janvier prochain. Le terme englobe différentes prestations, différentes exigences de l’identification de l’origine par des pièces justificatives au respect de la chaîne de froid, la logistique transport, les traitements phytosanitaires, l’emballage…
Rappelons que ce texte légal oblige les exportateurs de tomates et autres denrées alimentaires à mettre en place un dispositif de contrôle des normes HACCP. Vu que la date de publication du texte, le 14 avril 2004, beaucoup d’entreprises avaient peu de temps de se conformer. En moyenne, estime un opérateur du secteur, il faut 18 mois pour se mettre à niveau. Les producteurs doivent garantir la traçabilité sur toute la chaîne de production, en mentionnant les intrants utilisés, les matériaux et objets en contact avec le produit, l’emballage, etc. Pour les industries de conserves, le défi à relever est plus complexe. En plus des justificatifs signalés ci-dessus, l’entreprise ne pourra pas se couvrir avec une licence ou une autorisation, mais un code unifié. Réputée pour sa qualité, la tomate marocaine aura donc à répondre plus à un problème de procédures qu’à un relèvement du niveau de la production.
Souvent concurrence des tomates espagnoles, celles marocaines risquent aussi, selon les spécialistes, de se retrouver en sus de cette règle de traçabilité, face à une barrière non tarifaire.
En tous cas, pour les opérateurs, la résolution de l’équation passe par la mise en place d’une bonne logistique, notamment l’acheminement des marchandises par conteneurs.
En matière d’exportation, le Maroc et l’UE sont signataires d’une sorte d’accord tomate contre blé. Suivant sa récolte, le Maroc puisera ses besoins en céréales dans le marché de l’Union. Lorsque la production nationale en céréales est inférieure à 2,1 millions de tonnes, le contingent à droit réduit importé de l’UE peut évoluer de 400.000 T à 1 million de T.

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