La transformation digitale n’est pas un choix: Certaines administrations n’en sont qu’à la première phase

La transformation digitale n’est pas un choix: Certaines administrations n’en sont qu’à la première phase

Un éclairage s’impose, néanmoins, pour sensibiliser aux enjeux. Les cabinets conseil Licorne Group et Poros à travers un panel d’experts nationaux et internationaux se sont proposés de le faire pour leurs partenaires. Edifiant à plus d’un titre. Les cabinets conseil Licorne Group et Poros créent le débat autour de la transformation digitale.

«Le directeur digital est souvent la clé du digital au sein de l’entreprise», rappelle, à l’occasion, Matthieu Chereau, directeur conseil de Poros, en guise d’introduction. Il est clair qu’un tel événement vise à créer l’échange entre les différents responsables présents. Car les expériences diffèrent les unes des autres selon les secteurs d’activités et la culture d’entreprise. C’est dans cette optique que Imad Barrakad, président du directoire de la Société marocaine d’ingénierie touristique rappelle, l’importance du digital dans le secteur touristique.

«L’entreprise dans ce secteur doit opérer sa transformation digitale. Le numérique représentant un levier économique car il permet aussi de réduire les coûts. La filière du tourisme est une des premières à avoir été impactées par le digital».  En découle la valorisation du patrimoine immatériel à travers le digital. Le touriste a vu son comportement d’achat changer par ces nouvelles formes marketing. L’évaluation d’une offre s’effectuant désormais à travers les réseaux sociaux. Bref, les enjeux du digital dans le tourisme sont liés à l’image. Sur le plan marketing, il devient plus facile de connaître le comportement du consommateur par simple clic.   
Le témoignage de l’expert en tourisme est clair. Une investigation menée dernièrement par les cabinets en partenariat avec un quotidien de la place démontre clairement aussi que le digital est devenu une affaire de tous au sein de l’entreprise. La transformation laisse, en effet, supposer l’injection de moyens financiers et l’adhésion de tous.

Plusieurs barrières subsistent, toutefois, pour réussir ce passage lié à la digitalisation. Les résultats du dépouillement des questionnaires démontrent en effet que sur le plan organisationnel déjà, chacune des personnes de l’organigramme essaie de défendre son petit carré alors que l’objectif est le même. Matthieu Chereau le rappellera clairement à l’occasion. Sanaa Bousbai, membre de l’AMMC et responsable chez Danone Maroc, insistera, de son côté, sur l’incompréhension, par certains responsables de communication et marketing, de cette transformation digitale.

Car si les résultats de l’enquête laissent supposer que plus de 70% de l’échantillon ont déjà amorcé la transformation digitale, la réalité ne démontre pas encore un véritable état de digitalisation. Car la réussite du processus dépend de plusieurs paramètres qui ont été, d’ailleurs, intégrés parmi les champs d’investigation.

L’exercice n’est pas simple. La transformation digitale est un processus de longue haleine et concerne l’ensemble des équipes. «Il faut que le digital fasse partie de l’ADN de l’entreprise», atteste en effet, le responsable du cabinet Poros.

Bref, les expériences des uns et des autres suscitent bien des réflexions car la transformation digitale suppose un accompagnement des équipes et un réel travail de fond au-delà d’un développement de logiciels. Le témoignage de la Head of Digital de la compagnie des Alpes, leader mondial des remontées mécaniques, est édifiant à plus d’un titre. Selon Marilyne Lacaze, «le challenge aujourd’hui de la transformation digitale est lié à l’utilisation du mobile sur les sites des différents parcs que gère la société française». L’experte rappelle qu’aux Etats-Unis les gourous de la digitalisation voient encore plus grand en proposant des parcs complètement digitalisés.

Cette révolution suppose en somme le remplacement d’un business model par un autre. Il s’agit d’un véritable travail de leadership au niveau du top management. Chez la compagnie des Alpes qui bénéficie d’un management orienté particulièrement sur la valorisation des équipes, la transformation digitale repose sur trois critères, à savoir : le coaching, la confiance et l’audace.  
Au Maroc, l’environnement en pleine mutation laisse supposer des changements imminents dans le modèle managérial. Les patrons et le top management en sont conscients.

Certains secteurs d’activité comme les médias et le tourisme sont voués à opérer une mutation sans plus tarder au risque d’y perdre leur rentabilité. Les autres sont tout aussi concernés car le chiffre d’affaires devient tributaire de certains paramètres que seul le digital peut contrôler. Il s’agit d’une affaire globale. Généraliser le passage au digital représentera la phase ultime. Le Maroc demeure toutefois en retard dans ce domaine.

Les limites du e-gov en témoignent. Certaines administrations n’en sont qu’à la première phase de la transformation digitale, à savoir la construction d’un site. En clair, cette mutation n’est pas un choix mais un passage obligé. Chacun de son côté, le gouvernement et le privé devront mettre les bouchées doubles pour rattraper le gap.

Il en va de toute une économie !

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