La vision 2010 est-elle menacée ?

La vision 2010 est-elle menacée ?

«Réclamer actuellement un budget de 700 millions de dirhams pour l’ONMT est un faux débat », clame Samir Sahraoui. Le président du CRT de Rabat sait bien de quoi il parle. Quand il était encore à la tête de cette institution, en 1998, les allocations données par l’Etat étaient de 120 millions de dirhams. Un montant  auquel s’ajoutait quelque 50 millions de dirhams, produits de la Taxe de promotion touristique (TPT), lequel n’a pas bougé depuis dix ans. A l’époque, le Maroc était présent partout, dans tous les salons.
Aujourd’hui, l’ONMT dispose d’un Trésor de guerre de 400 millions de dirhams. «Peut-être ce n’est pas suffisant, mais ne doit-on pas planifier d’abord l’utilisation de cette manne?», s’interroge-t-on de part et d’autres. Partisan de l’augmentation, le bureau Fédéral de la Fédération nationale du tourisme lors de sa réunion du mardi 13 janvier, était unanime sur la question : «on doit augmenter le budget de l’ONMT conformément à la vision 2010 ». Or, la  cadence prévue, à raison de 70 millions par an est gelée depuis deux ans.
D’aucuns y voient des freins pour la vision 2010. D’autres crient au danger, à la menace sur la vision 2010. Celle-ci avance pourtant comme en témoignent les statistiques fournis par le ministère du Tourisme. A la fin de l’exercice en cours, l’on aura certainement dépassé les 6 millions de touristes. «Afin d’atténuer le débat latent sur la fiabilité des chiffres, il faudrait incorporer dans les bulletins ministériels, la notion du rapport revenu par touriste», souligne un promoteur. Le moins que l’on puisse dire est que  si les arrivées tout azimut ont augmenté, chez les réceptifs la réalité est tout autre.
En effet, entre 2000 et 2004, les nuitées réalisées dans les hôtels classés du tourisme récepteur  ont reculé de 960 493. Si l’on s’en tient aux statistiques mêmes du ministère, 11 267 761 nuitées ont été réalisées dans les hôtels classés du tourisme récepteur en 2000 contre seulement 10 307 268 en 2004. A l’inverse de cette tendance négative, les arrivées de touristes étrangers (MRE non compris) aux postes frontières ont augmenté mais de seulement 167 338 entre 2000 et 2005. Une cadence trop lente pour arriver aux 7 millions de visiteurs étrangers attendus à l’horizon 2010.
Les retards de la vision 2010 sont plus apparents encore quand on s’intéresse à la situation des nuitées par ville. Agadir accuse un retard de 182 849 nuitées entre 2000 et 2004. Idem pour Casablanca (-127 315),  Rabat (-50 107), Fès (-118 863),etc.
Seule éclaircie, Marrakech et ses 398 547 d’augmentation. Certes, comme le rappelle-t-on dans les rangs de la profession, rien n’est encore perdu. Mais il est temps de fixer la vision 2010 dans les yeux. D’autant que, loin des chiffres, les stations Azur peinent à prendre véritablement leur envol. Même si Joseph Duric, chef de projet de la station de Mogador est toujours persuadé que le premier hôtel sera livré durant le deuxième trimestre 2007, l’on ne peut dire que les six stations avancent au même rythme, avec le respect des différents calendriers d’exécution des travaux. A Mogador, certaines réalisations sont suspendues à des autorisations.
A ce sujet, la réunion avec l’autorité provinciale, prévue vendredi, pourrait débloquer la situation. L’on ne peut dire du même de Taghazout (suspendu à un appel d’offres), la Plage Blanche (qui cherche repreneur), Kerzner  ou encore Fadesa qui fait le tabac sur la partie immobilière. Les prochaines assises d’Essaouira, prévues du 2 au 4 décembre, seront-elles l’occasion d’un vrai débat ? A voir.

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