La zone Sud, des contraintes et des enjeux

Un développement assuré pour la zone Sud ne pourra se faire sans une ressource essentielle: L’eau. Car, de toute évidence, la rareté des ressources en eau dans cette zone va en s’accentuant, et avec les nouveaux horizons économiques, une hausse de la masse démographique, une progression de tous les secteurs, la question de l’eau exige de plus en plus une réponse urgente. C’est, du moins, ce qui se dégage des données analysées par le Haut Commissariat au Plan (HCP) dans sa dernière publication lorsqu’il brosse le profil de l’économie de la zone sud, mais surtout des enjeux de développement pour elle et des contraintes qui se font un frein à son épanouissement. De fait, le HCP souligne que le problème de l’eau deviendra «une question énergétique».
Évidemment, si l’on considère le fait que la lacune pour la zone Sud n’est pas de mobiliser les ressources existantes en eau, mais d’étendre l’intérêt de l’eau des nappes et celle de la mer, jusqu’à en faire des sources productives de ce qui est, assurément, en train de devenir l’or bleu. Toujours sur ce registre, l’analyse du HCP considère qu’il n’y a pas «d’alternative à l’électricité tirée du solaire ou du nucléaire. La seule différence est que la première pourrait être individualisée si les techniques de dessalement évoluent dans ce sens».Par ailleurs, fait, il est prévisible que cette zone, sur les vingt années à venir, lie son développement à celui du Maroc en général, tant du fait qu’elle soit un «espace géopolitique influent», comme la définit le HCP, mais aussi du fait qu’elle représente une plate-forme d’échanges intéressante.
En effet, vu que la zone Sud débouche sur les Iles Canaries et qu’elle soit voisine avec la Mauritanie, elle pourrait tirer profit de ces atouts. Le HCP note qu’elle pourrait «développer des synergies nouvelles tendant vers un développement commun», et de citer une éventuelle «industrialisation basée sur l’or et le fer mauritanien». Un autre enjeu concerne, lui, le flux migratoire. En fait, les poussées migratoires dues à la croissance démographique en Afrique subsaharienne, et les « tensions naissantes sur les eaux du Nil » en Egypte, seront deux menaces directes pour la zone en question. N’étant pas uniquement liés à la pauvreté, la recherche d’emploi ou de sécurité, mais aussi à la quête de meilleures conditions de vie, ces flux feront troquer à la zone Sud son statut de terre de passage contre celui de terre d’accueil. Encore plus loin, des risques de propagation de fléaux pourraient même se manifester (à ce titre, le HCP cite le Sras et le Sida pour confirmer sa thèse).
Les contraintes de la région, si elles sont dépassées, devraient déjà la parer contre certains risques. Jusque-là, la montée en flèche des vecteurs économiques et démographiques de la région ont été à l’origine d’une urbanisation accélérée. D’où la naissance de certaines villes montées de façon anarchique et le manque d’adaptation de la population aux normes de vie citadine. Cette même urbanisation a donné lieu à «d’énormes pressions sur les services d’assainissement des déchets solides et liquides, de production et distribution de l’eau potable et de l’énergie électrique et également sur la résorption de l’habitat insalubre et sur le réseau routier».
Enfin, la pauvreté des avantages que tire la région des investissements. Puisqu’en fait, certaines lacunes de base ajoutées à l’absence des matières premières et d’une demande locale forte ne permettent pas à la zone Sud de «diversifier rapidement son économie et de connaître un développement autocentré», souligne le HCP.

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