L’accord de pêche opérationnel: La Commission mixte Maroc-UE s’est réunie à Rabat les 4 et 5 septembre 2014

L’accord  de pêche opérationnel: La Commission mixte  Maroc-UE s’est réunie à Rabat les 4 et 5 septembre 2014

Le poisson marocain agrémentera à nouveau les plats européens. En effet, les bateaux de pêche de la communauté européenne ont reçu le feu vert pour revenir dans les eaux territoriales marocaines. Réunie à Rabat les 4 et 5 septembre 2014, la Commission mixte chargée de la mise en œuvre du nouveau protocole de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre le Maroc et l’Union européenne (UE) vient de délivrer les licences de pêche aux navires européens remplissant toutes les conditions.

Cette commission constituait une condition à l’entrée en pêche des bateaux communautaires. Le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime a indiqué dans un communiqué que la tenue de cette réunion s’inscrit dans le cadre des étapes de mise en œuvre de ce protocole adopté par les deux parties le 15 juillet dernier. Les responsables marocaines et européens ont examiné au cours de cette commission les aspects techniques et financiers du nouveau protocole. Il s’agit notamment de la procédure d’embarquement des marins marocains et les conditions de suivi des débarquements obligatoires des captures pour chaque catégorie de navires. Il a été question, en outre, du suivi et contrôle de la pêche des navires européens, des modalités de fonctionnement de la réunion scientifique ainsi que des modalités de mise en œuvre de l’appui sectoriel pour financer les projets programmés dans le secteur de la pêche. Ce sont uniquement les chalutiers communautaires remplissant ces conditions qui ont été autorisés à opérer dans les eaux marocaines.

«A l’issue de ces travaux, les licences de pêche ont été délivrées aux navires européens remplissant toutes les conditions fixées par la Commission mixte», précise la même source. Et de conclure : «Déterminés à instaurer une pêche responsable en vue d’assurer la conservation à long terme et l’exploitation durable des ressources halieutiques conformément à l’esprit de l’accord, les deux parties se sont engagées à mettre en œuvre toutes les procédures de contrôle consenties», conclut le communiqué. Il faut rappeler que le nouveau protocole signé entre les deux parties est valable pour une durée de quatre ans.

Ledit accord qui s’inscrit dans le cadre de l’accord d’association entre le Maroc et l’UE prévoit de développer la coopération économique entre les opérateurs marocains et européens dans la filière pêche au Maroc. Le nouvel accord de pêche est conditionné par le versement d’une contrepartie de 40 millions d’euros par an. Les trois quarts de cette somme, c’est-à-dire 30 millions, proviendront du budget de l’Union européenne. Les 10 millions d’euros restants seront assurés par les armateurs pour le paiement des redevances et des droits de licence.

A noter enfin que la flotte européenne sera constituée majoritairement de bateaux de pêche espagnols. D’ailleurs, la décision par la Commission mixte de délivrer les autorisations a été très bien accueillie en Espagne.

De nouvelles licences sollicitées

Selon le gouvernement autonome de l’Andalousie, quelque 29 bateaux de pêche dans les ports d’Algésiras, Barbate, Conil et Tarifa, ont déjà payé les frais relatifs aux licences, en août dernier. Ces bateaux pourront commencer à opérer, selon les autorités espagnoles dès la semaine en cours. D’autres bateaux pourraient les rejoindre dans les semaines à venir.

En effet, le ministère andalou de la pêche affirme que les pêcheurs n’ayant pas encore rempli les conditions, auront la possibilité de solliciter de nouvelles licences au cours de ce mois de septembre afin de retourner, au cours du mois d’octobre, dans les eaux territoriales marocaines. Bien que l’accord soit signé avec l’Union européenne, l’Espagne est le pays qui tire le plus de profit côté européen de la conclusion de l’accord de pêche avec le Maroc. A noter que le dernier accord de pêche entre les deux parties est arrivé à échéance il y a trois ans.

Les «Andalous» jubilent

Elena Viboras, ministre de l’agriculture, de la pêche et du développement rural, au
gouvernement autonome d’Andalousie

Le gouvernement autonome d’Andalousie (sud de l’Espagne) a exprimé, samedi, sa «satisfaction» suite à l’accord conclu à Rabat par la Commission mixte chargée de la mise en œuvre du nouveau protocole de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre le Maroc et l’Union européenne (UE), qui permet le retour de la flotte andalouse dans les eaux marocaines, après une absence de trois ans. Dans un communiqué, la ministre de l’agriculture, de la pêche et du développement rural, au gouvernement autonome d’Andalousie, Elena Viboras, s’est félicitée du fait que les pêcheurs andalous sont «heureux» de retourner dans les eaux marocaines. Elle a souligné, à cet égard, «l’importance économique» que représente cet accord pour les ports du détroit de Gibraltar particulièrement celui de Barbate, à Cadix (sud de l’Espagne), et qui permettra à plus de 400 pêcheurs d’opérer dans les eaux marocaines et de créer 300 postes d’emploi indirects de plus dans l’industrie auxiliaire.

La Cepesca satisfaite

Pedro Maza, président de la Fédération andalouse des associations de pêche (Faape)

La Confédération espagnole de la pêche (Cepesca) a exprimé vendredi sa «satisfaction» suite à l’accord conclu à Rabat par la Commission mixte délivrant les licences de pêche qui permettent le retour de la flotte espagnole dans les eaux marocaines. Dans un communiqué rendu public vendredi soir, la Cepesca s’est félicitée de la résolution des «questions pratiques qui étaient en suspens» depuis la signature du protocole entre le Maroc et l’UE. Pour sa part, le président de la Fédération andalouse des associations de pêche (Faape), Pedro Maza, a, dans une déclaration faite au terme de la réunion de la Commission mixte, souligné «l’importance de cet accord pour l’Espagne et en particulier pour l’Andalousie». Quelque 45 bateaux de pêche andalous retourneront dans les eaux marocaines suite à l’entrée en vigueur de cet accord, a-t-il dit. Les responsables espagnols attendaient impatiemment cet accord du fait de son impact économique positif sur les régions du sud de l’Espagne.

Accord gagnant-gagnant

Le nouvel accord de pêche signé par le Maroc avec l’Union européenne contient plusieurs points en faveur du Maroc. Dans ce sens, le nombre des bateaux communautaires a été réduit passant de 137 bateaux en vertu de l’ancien accord à seulement 126 dans le dernier. De même, les pêcheurs européens seront autorisés à collecter dans les eaux territoriales marocaines 80.000 tonnes de poisson.

Une quantité jugée raisonnable en comparaison avec d’autres quantités prévues par des accords similaires de l’UE avec d’autres pays où les prises autorisées se chiffrent à des centaines de milliers de tonnes de ressources halieutiques. Il faut préciser, en outre, que l’accord porte sur 6 produits uniquement. S’agissant des emplois, les négociateurs marocains ont obtenu une augmentation du nombre des marins pêcheurs de nationalité marocaine embarqués par la flotte européenne. Leur nombre passe ainsi de 12 à 24 personnes par bateau.

Malentendu

Le retour des navires de pêche européens a été précédé ces derniers jours par un malentendu. En effet, la mise en œuvre de l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne était tributaire de la tenue de la commission mixte. Cette dernière est d’une importance capitale puisqu’elle doit contrôler l’application du protocole et fixer les modalités d’exécution de ses nouvelles rubriques.

Ce sont là des éléments essentiels pour la délivrance des licences de pêche. Le Maroc avait proposé au lendemain de la ratification de l’accord la tenue de la Commission mixte immédiatement. Or, les responsables européens avaient fait part de leur incapacité de tenir ces travaux dans l’immédiat étant donné la difficulté de corroborer les calendriers des institutions européennes. Ils ont donc jugé bon de programmer cette commission le 10 septembre. Le hic, c’est que le retard de la tenue des travaux de la commission laissait penser qu’il y avait un désaccord entre les deux parties. Finalement, la réunion a été avancée au 4 septembre pour clarifier la situation.

 

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