L’action EDF a le vent en poupe

L’action EDF a le vent en poupe

La nouvelle action EDF Energies nouvelles est entrée triomphalement en Bourse mercredi, avec une valorisation digne de la «bulle Internet», soit six fois son chiffre d’affaires, grâce à l’appétit des investisseurs pour la croissance rapide de l’énergie éolienne. «Son programme d’investissement est impressionnant. C’est un leader sur le marché porteur de l’éolien. Pour l’instant, tout le monde achète, mais il y aura peut-être un retour de bâton», commentait un courtier, en notant que la société s’est offert dès sa première cotation une valeur «digne de la bulle Internet».
A 12h00 (11h00 GMT), l’action EDF énergies nouvelles s’arrachait à 33,33 euros, 19% de plus que son prix d’introduction en Bourse (28 euros par action), valorisant la société à environ 2 milliards d’euros, soit six fois son chiffre d’affaires.
L’éolien constitue aujourd’hui 78% de sa capacité de production installée, le reste provenant de l’hydraulique, de la biomasse et du solaire. «La filière éolienne est très porteuse. Pour preuve, des acteurs importants misent résolument sur les énergies renouvelables comme l’espagnol Iberdrola qui va créer le troisième groupe européen de l’énergie avec Scottish Power», a commenté un vendeur d’actions chez un courtier indépendant.
«Le parc éolien français aura doublé en 2006, pour atteindre 1.500 mégawatts (MW) à la fin de l’année contre 757 MW fin 2005», a annoncé Michèle Pappalardo, présidente de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) lors d’un colloque le 16 novembre à Amiens. «On était à 1.337 MW fin octobre et on terminera 2006 à 1.500 MW», a-t-elle déclaré. «Cela fait deux ans de suite qu’on double» la puissance installée du parc français, composé d’environ un millier d’éoliennes actuellement», a-t-elle souligné. La filiale d’EDF, «sur son créneau a assez peu de concurrents, elle domine son marché, donc c’est un bon investissement, l’action devrait monter», a expliqué un autre vendeur d’actions, d’une grande banque européenne. «L’appétit des investisseurs est énorme. Mais la valorisation est cependant élevée», tempérait la même source. Créé en 1990, EDF Energies nouvelles a réalisé en 2005 un chiffre d’affaires de 336,2 millions d’euros et enregistré un bénéfice brut d’exploitation (Ebitda) de 62,3 millions d’euros. L’entrée en Bourse lui a aussi permis de réaliser une augmentation de capital très importante. «L’augmentation de capital ressort à 525 millions d’euros, en comptant la part réservée à EDF», observent les analystes du courtier américain Raymond James, selon lequel l’action n’est pas si chère, au vu de la croissance attendue du groupe sur les dix prochaines années. «Compte tenu de la forte visibilité du modèle économique, avec un prix du MWh garanti sur plus de 10 ans, par rapport aux fournisseurs d’électricité classiques– dont le prix de l’électricité dépend de celui du CO2 et des combustibles– le marché pourrait valoriser la croissance d’EDF en au-dessus de celle du secteur», estime Raymond James, dans une note à ses clients.

Nicolas THIERY (AFP)

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