L’ADA teste les alliances productives au Maroc

L’ADA teste les alliances productives  au Maroc

Fès-Meknès et Beni Mellal-Khénifra, deux régions pilotes

L’Agence de développement agricole (ADA) envisage de mettre en place un projet pilote portant sur les alliances productives au profit des petits producteurs. Cette initiative vient compléter les efforts engagés dans le cadre de l’agrégation agricole lancée dans le cadre du Plan Maroc Vert pour promouvoir l’intégration de l’amont et de l’aval des filières. A l’étude, 6 alliances productives au profit de certaines organisations professionnelles (coopératives ou groupements d’intérêt économique) seront donc testées au niveau de deux régions, à savoir Fès-Meknès et Beni Mellal-Khénifra.

Dans la pratique, cet instrument repose sur l’implication de trois acteurs : les petits et moyens producteurs, un ou plusieurs acheteurs ainsi que le secteur public. Sur cette base, les producteurs organisés (OP) signent un contrat ou un accord commercial avec l’acheteur et élaborent un plan d’affaires dont le secteur public serait le partenaire de mise en œuvre. Le financement est assuré par des subventions publiques fournies par le Programme d’appui de renforcement des chaînes de valeur agroalimentaires de la Banque mondiale, par une contribution des bénéficiaires et, dans certains cas, par le ou les acheteurs, et le secteur bancaire.

Cette approche vise à promouvoir le partenariat entre une organisation de producteurs et les acheteurs, avec l’appui de l’Etat. «L’objectif pour les petits producteurs est d’accéder à des marchés plus rémunérateurs/à haute valeur ajoutée, plus fiables et capables d’absorber de plus grandes quantités de produits que les marchés traditionnels (souks, marchants ambulants, vente sur pied), et de contourner la perte de valeur liée aux multiples intermédiaires dans certaines filières», explique l’ADA. Du côté des producteurs, l’objectif de ce partenariat sera d’augmenter leurs revenus, en ne vendant plus leur production sur pied ou en vrac, mais des produits conditionnés.

Quant à l’acheteur, il bénéficie d’un approvisionnement en produits en quantités et qualités requises et à dates convenues. Celui-ci peut être transformateur, acteur de la moyenne et grande distribution ou exportateur, souligne l’agence.

Sur quoi repose le contrat commercial ?

Cette alliance se fonde sur un contrat ou un accord commercial entre l’Organisation des producteurs et l’acheteur qui fixe la qualité du produit à livrer comme les variétés, les caractéristiques du produit, par exemple le calibre. Il mentionne les quantités à fournir à l’acheteur, le conditionnement du produit, les modalités et délais de livraison, les critères de fixation des prix et les modalités de paiement et la contribution éventuelle de l’acheteur. Dans le cadre des alliances productives, c’est l’Organisation de producteurs qui initie la démarche d’alliance avec un acheteur. Dans ce sens, les producteurs identifient un acheteur potentiel pour leur production.

3.500 alliances productives financées par la Banque mondiale en Amérique latine

En Amérique latine, ce concept a été lancé d’abord en Colombie au début des années 2000 par la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement puis le FIDA. 15 ans plus tard, la Banque mondiale avait ainsi financé 3.500 alliances productives, à partir de 21 projets dans 10 pays d’Amérique latine pour un montant total d’un milliard de dollars. Il en ressort des augmentations de la commercialisation de 20 à 60% pour les producteurs impliqués dans une alliance (selon les pays et les filières).

En Colombie, il s’avère que les revenus des producteurs impliqués dans une alliance étaient de 30% supérieurs à ceux du groupe de contrôle (producteurs organisés mais pas dans une alliance productive).

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