L’Aéroport Mohammed V à l’épreuve du brouillard

L’Aéroport Mohammed V à l’épreuve du brouillard

Dimanche 3 avril 2005, l’épais brouillard a été, encore une fois, à l’origine d’un déroutement d’avion à l’aéroport Mohammed V vers un autre. En 2004, il y a eu 129 opérations de déroutement contre 91 une année auparavant. Cette donne, bien préjudiciable aux compagnies aériennes et à leurs clientèles, est en passe de trouver une solution définitive. L’aéroport Mohammed V, auparavant exploité en catégorie II, vient de passer, depuis le 30 décembre 2004, en catégorie III A de la première piste (35R), ce qui lui a permis de réduire le nombre de déroutements dans le cas de conditions météorologiques défavorables. Pour rappel, en catégorie II, l’approche et l’atterrissage de précision aux instruments sont exécutés avec une hauteur de décision comprise entre 60 m (200 pieds) et 30 m (100 pieds), et une portée visuelle de piste au moins égale à 350 m.
Avec la catégorie III A, l’approche et l’atterrissage de précision aux instruments sont exécutés avec une hauteur de décision inférieure à 30 m (100 pieds), et avec une portée visuelle de piste au moins égale à 200 m. Bientôt, l’aéroport passerait en catégorie III B (une portée visuelle de piste inférieure à 200 m mais au moins égale à 50 m) pour atteindre, à terme, la catégorie III C, où l’approche et l’atterrissage de précision aux instruments sont exécutés sans hauteur de décision et sans limites de portée visuelle de piste. Toutefois, certains spécialistes ne manquent de relever que les compagnies aériennes, de leurs côtés, se doivent d’accompagner cette montée en charge. Elles ne sont, pour la plupart, pas encore prête pour une telle donne. Les équipages, lorsqu’ils ne manquent pas de formation, sont en phase de l’être. 
«Certains déroutements sont évités par la compétence mais surtout le courage du pilote qui ose atterrir en plein brouillard », déclare un contrôleur aérien. Sur un autre volet, l’Office national des aéroports (ONDA) mis en service, depuis le 30 mars, l’approche radar à l’aéroport Mohammed V. «Garantir la sécurité de la navigation aérienne est notre priorité constante », a déclaré Abdelhanine Benallou, directeur général de l’office lors d’un entretien accordé à ALM. Le radar en route était déjà assuré, mais selon le responsable,  lorsqu’on s’approche de l’aéroport, la responsabilité de l’avion passe au centre d’approche. Cette prise en charge n’était pas faite sur la base de l’image radar. Le pilote imaginait la trajectoire de l’avion, sans le voir.
La visibilité n’était pas optimale. Il n’y avait que le contact sonore. Les contrôleurs et les pilotes étaient obligés de garder une grande distance entre avions. « En plus ce mode d’atterrissage se traduit par une surconsommation de Kérosène », a tenu à préciser M. Benallou. Avec un baril coûtant plus de 50 $, une optimisation de l’approche d’atterrissage est possible. Ceci se traduit, conformément à la réglementation, par la division par deux de la distance entre avions. Plus d’avions seront traités dans le même espace. Le temps d’attente serait écourté.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *