L’agroalimentaire s’exporte bien: L’Europe est le premier client du Maroc

L’agroalimentaire s’exporte bien: L’Europe est le premier client du Maroc

La performance à l’exportation du secteur agroalimentaire marocain se doit de relever certains défis pour arriver à l’excellence voulue.

C’est ce qu’a signalé la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’économie et des finances dans sa récente étude baptisée «Performances et compétitivité des exportations des filières phares du secteur agroalimentaire marocain».

Il en ressort donc qu’à l’aune de la mutation structurelle de l’amont agricole, la performance à l’exportation du secteur agroalimentaire doit faire face à un certain nombre de défis. Ces défis sont, notamment, liés à la nécessité d’une plus ample diversification du couple produit-marché à l’export, d’une meilleure valorisation de la production agricole en pleine expansion qui augure de bonnes perspectives avec, notamment, l’opérationnalisation des agropoles, et d’une plus forte réactivité face à la forte concurrence exercée, en particulier par des pays méditerranéens.

Dans le même sillage, l’étude révèle que les exportations marocaines de produits agroalimentaires frais ont été fortement concentrées sur le continent européen (y compris la Russie), qui a absorbé en moyenne 91,5% de la valeur de ces exportations sur la période 2007-2013.

Aussi, cette situation renseigne sur des opportunités énormes que les exportations marocaines en produits agroalimentaires frais n’arrivent pas encore à saisir sur des marchés à fort potentiel, en particulier au niveau des pays arabes du Moyen-Orient et également au niveau du marché africain.

À noter que de par leur contribution à la sécurité alimentaire du pays, à la croissance, à l’emploi et aux échanges extérieurs, l’agriculture et l’industrie agroalimentaire constituent des secteurs clés pour l’économie marocaine. En effet, en 2013, l’agriculture et l’industrie alimentaire ont représenté respectivement 15,5 et 5,3% du PIB nominal.

De même et bien qu’en deçà de leur potentiel, ces secteurs contribuent, également, à l’amélioration des échanges extérieurs du pays avec une contribution aux exportations globales des biens de plus de 15% en 2013 portée, essentiellement, par des filières phares à l’export.
Ces secteurs qui bénéficient d’une attention particulière des pouvoirs publics concrétisée, notamment, dans le cadre du Plan Maroc Vert avec la promotion des filières agricoles à haute valeur ajoutée et l’agrégation permettant à la petite agriculture l’accès aux marchés d’exportation, recèlent diverses opportunités de développement à l’export.

En gros, les performances des exportations agroalimentaires affichées au cours de ces dernières années témoignent du fort potentiel de développement qui gagnerait à être mieux valorisé à travers une meilleure exploitation des avantages comparatifs indéniables dont bénéficie ce secteur. Notons que le Maroc a déjà franchi des obstacles majeurs dans ce sens.

À ce titre, la problématique de l’amont de la filière agroalimentaire qui a constitué par le passé l’une des contraintes majeures du secteur est en cours d’être levée avec l’opérationnalisation du Plan Maroc Vert qui entame progressivement sa phase de croisière.

La production des agrumes en nette amélioration

Le développement de la filière des agrumes est un des principaux objectifs du Plan Maroc Vert. Dans ce cadre, il est prévu l’augmentation de la production d’agrumes à 2,9 millions de tonnes et des exportations à 1,3 million de tonnes à l’horizon 2020, ce qui permettrait un apport en devises de 8 milliards de dirhams/an. Pour cela, il est prévu l’augmentation des superficies à 115.000 ha avec une concentration sur 5 bassins à vocation agrumicole (Souss, Haouz, Gharb, l’Oriental, Tadla) et éventuellement une extension sur Dakhla.

Ainsi, les superficies cultivées en agrumes ont progressé de près de 21% sur la période 2008-2009 et 2012-2013, bénéficiant des incitations renforcées pour l’extension de la capacité de production, et la production a progressé de près de 17% sur la même période, à la faveur d’un appui raffermi pour les intrants agricoles (notamment l’irrigation localisée). Aussi, il convient de souligner que selon les estimations du département de l’Agriculture, la production pour la campagne en cours, 2013-2014, devra atteindre 2,2 millions de tonnes, ce qui représente 76% de l’objectif visé par le PMV à l’horizon 2020 (2,9 millions de tonnes).

Filière oléicole : Des perspectives ambitieuses

L’olivier bénéficie, dans le cadre du Plan Maroc Vert, d’un appui important axé sur l’amélioration des conditions cadres de la filière oléicole, la valorisation de la production et la promotion de sa qualité. L’ambition nationale est d’atteindre 1.220.000 ha à l’horizon 2020 permettant de réaliser une production totale en olives de 2.500.000 tonnes, et ce à travers l’intensification des oliveraies existantes sur 250.000 à 350.000 ha, la création de nouveaux pôles intensifs dans les périmètres irrigués sur 130 à 170.000 ha, et la conduite de projets sociaux de reconversion dans le piémont et en bour défavorable sur près de 300.000 ha. En termes d’exportation, le Plan Maroc Vert prévoit l’atteinte de 120.000 tonnes pour l’huile d’olive et 150.000 tonnes pour les olives de table.
Le Plan Maroc Vert prévoit, également, la conquête de nouveaux marchés d’huile d’olive (notamment la Chine) et l’amélioration de son positionnement sur des marchés en forte croissance (Etats-Unis).

21 milliards DH pour la culture de la tomate

La filière des tomates fait l’objet d’une attention particulière dans le cadre du contrat-programme conclu entre le gouvernement et la profession. Ce contrat-programme qui couvre l’ensemble de la filière maraîchère de primeurs porte sur un investissement global de 21 milliards de dirhams à l’horizon 2020 avec une contribution de l’Etat de 2 milliards de dirhams qui porte, essentiellement, sur la mise en place d’aides destinées au soutien de l’investissement dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA).

Depuis la mise en œuvre des actions du PMV, notamment celles concernant le soutien aux intrants (équipement des exploitations, irrigation économe en eau…), l’évolution des performances de production de la filière de tomate marocaine depuis 2008, montre une amélioration des volumes produits en parallèle à une réduction sensible des superficies, ce qui renseigne sur un accroissement de la productivité par hectare cultivé. En effet, le rendement moyen de cette culture est passé de près de 60,6 tonnes/hectare pour la campagne 2008-2009 à près de 83,3 tonnes/hectare en 2012-2013, soit une hausse de 37,5%.

Zoom sur les exportations de l’industrie agroalimentaire

Sur la période 2007-2013, les exportations de l’industrie agroalimentaire marocaine ont été fortement concentrées sur le marché de l’Europe qui en a absorbé en moyenne 49%. La forte concentration de ces exportations sur le continent européen a rendu le Maroc vulnérable vis-à-vis de l’évolution des conditions économiques de l’Union européenne.
Cette situation indique également des opportunités énormes que ces exportations n’arrivent pas encore à saisir, notamment sur les marchés asiatiques et africains. Ainsi, 8 pays (sur les 149 marchés à l’export pour le Maroc) concentrent en moyenne près de 61,7% des exportations, avec une prédominance de la France (22,7%), suivie des Etats-Unis (9,8%) et de l’Espagne (6,6%). L’analyse de la structure et de la dynamique des filières de l’industrie agroalimentaire par principal marché fait ressortir que cette dynamique est différenciée par marché.

En effet, bien que les conserves de légumes représentent 38% des exportations globales du secteur à destination du marché français, leur dynamique sur ce marché reste négative (TCAM de -0,8%) sur la période 2007-2013.

L’analyse de la structure et de la dynamique des exportations marocaines des filières de l’industrie agroalimentaire sur le marché américain fait ressortir que les conserves de légumes et l’huile d’olive sont prédominantes avec des poids respectifs de 49 et 27% et une croissance à hauteur, respectivement, de 19 et de 16%.

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