L’Allemagne redresse ses finances

Le chiffre est lâché : Berlin attend cette année un déficit public à 2,8% du PIB. Cela va remettre la première économie européenne en conformité avec le Pacte de stabilité pour la première fois depuis 2001, une performance due en grande partie à la croissance retrouvée. Le ministre des Finances, le social-démocrate Peer Steinbrück, laissait entrevoir depuis plusieurs mois déjà que l’Allemagne pourrait revenir à la vertu, après cinq ans de violation du critère de Maastricht sur le déficit. Mardi, dans un discours aux députés, il a enfin chiffré sa prévision: à 2,8%, elle est bien en dessous des 3,1% prévus officiellement jusqu’à maintenant, et surtout de la barre fatidique des 3%. Et Bruxelles, qui estimait déjà cet été que l’Allemagne était "en bonne voie de corriger son déficit", et avait abandonné une procédure en déficit excessif, devrait s’en réjouir. D’autres sont en effet moins vertueux: la Commission européenne doute de la capacité de la France à “revenir dans les clous“ cette année, l’Italie attend un déficit conforme en 2007 et le Portugal en 2008 seulement. Et pourtant, Berlin revient de loin. Le déficit public, qui comprend le déficit fédéral, mais aussi celui des régions, des communes et des caisses de sécurité sociale, a culminé à 3,9% du PIB en 2003. Et n’est redescendu qu’à petits pas depuis, malgré les promesses année après année du gouvernement d’alors de redresser la barre. Le gouvernement actuel, en place depuis un peu moins d’un an, s’est certes fixé comme objectif l’assainissement des finances publiques et prône la rigueur. Mais il est surtout arrivé à point nommé pour cueillir les fruits d’une reprise économique qui s’est affermie ces derniers mois.

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