L’Amérique et l’année de l’Euro

Jusqu’à présent, la monnaie unique européenne avait un statut bâtard, à la fois officiel sur les marchés financiers et invisible aux yeux des citoyens. L’arrivée des pièces et des billets qui la représentent devrait coïncider avec une reprise relative de la devise qui a perdu un quart de sa valeur contre le dollar depuis sa naissance le 4 janvier 1999, prévoient les analystes.
L’engouement des Européens pour les kits en euros a permis à la monnaie unique de repasser au-dessus des 0,90 dollar. Un niveau qui n’a pu être tenu en raison de nouveaux signes de faiblesse de l’économie allemande, la plus importante de la zone euro. Les analystes estiment que l’euro devrait retrouver la barre symbolique des 0,90 dollar en janvier 2002 et progresser ensuite à 0,91 dollar en mars pour atteindre 0,94 dollar à la fin 2002, contre 0,88 dollar actuellement.
Toutefois, l’euro bénéficiera d’abord, de l’introduction des pièces et billets qui devraient se faire sans trop de heurts et des réductions de taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne (BCE) attendus pour l’année prochaine. Par ailleurs, plusieurs économistes avancent que la reprise de l’économie américaine espérée pour la mi-2002 limitera le potentiel de hausse de l’euro. Ils s’interrogent aussi sur les raisons de la faiblesse chronique de l’euro qui ne réussit même pas à bénéficier de conditions qui pourraient lui être favorables comme la récession américaine, les attentats du 11 septembre, la guerre en Afghanistan ou la crise en Argentine. Mais malgré cette faiblesse, la devise européenne a réalisé un exploit qui est passé inaperçu du grand public. En trois mois, elle a pratiquement regagné le terrain perdu contre le yen depuis 1999. La situation catastrophique du japon, deuxième économie mondiale, a fait plonger le yen qui atteint ses plus bas niveaux depuis trois ans face au dollar et à l’euro.
Dans le concert des trois grandes devises mondiales, le yen a repris à l’euro le rôle de monnaie faible. Mais la tâche sera beaucoup plus rude pour concurrencer un dollar soutenu par l’optimisme des marchés quant à la volonté et à la capacité des autorités américaines de faire repartir rapidement leur économie. Les économistes soulignent que, outre la dégradation de sa conjoncture, l’euroland a encore beaucoup de handicaps à surmonter . L’effet 2002 moins fort que l’effet 1999.

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