L’Annexe ce soir là battait la mesure

L’Annexe Casablanca est tenu par un maître des lieux qui jouit d’une certaine expérience. Dominique n’est pas un de ses gérants tétanisés par l’enjeu et qui épient les clients depuis la machine à sous. L’hôte que nous n’avons pas pu rencontrer ce soir-là est, dit-on, discret sur ses recettes et ses histoires. Tant mieux, plusieurs comme lui perdent du temps à expliquer aux clients leur cursus universitaire, ou leur séjour dans tel ou tel restaurant alors qu’on ne leur demande que de bien faire leur travail, de bien tenir sa chapelle et d’intervenir avec doigté lorsqu’un client dérape.
Bref, revenons à l’Annexe. Situation favorable, dans les environs du Boulevard Ghandi à Casablanca, accès facile pour les véhicules, parking aisé. Prévoir monnaie d’appoint pour les horodateurs à l’affût de tout bruit de roues. Entrée, plutôt correcte avec, ce soir-là, une garde pléthorique particulièrement relevée. On n’est jamais assez scrupuleux sur le bien-être, n’est-ce pas? L’équipe de sécurité, distante et professionnelle, est dirigée par un vieux habitué des nuits casablancaises, un vétéran qui a fait classe ailleurs et qui visiblement n’a pas envie de recevoir de leçons, surtout pas des clients. Sans timidité, l’un des préposés, encore un as de la sécurité, anciennement officiant dans un autre cadre, plonge ses mains délicates dans les sacs des dames, le sourire aux lèvres. Bref, ce fut tout. Le reste du dîner fut sans histoires, dans une ambiance où la musique régnait en maître. Ce soir-là, un groupe populaire marocain battait la mesure dans la première salle. Réfugiés au deuxième étage après avoir pris sans péril un escalier des plus normaux, nous ne rations rien de la scène reproduite en écran géant. Un garçon, emporté peut-être par l’ambiance, esquisse quelques pas de danse, ce qui n’est guère hors de saison dans un endroit qui cultive la décontraction toute l’année. La moyenne d’âge de la fréquentation milite certainement pour ça.
La carte est sommaire et précise. Pas de ces documents si riches en lieux communs avec des noms exotiques et pédants qui s’enchevêtrent. Ici, on appelle un filet un filet et un poisson, un poisson. Les choix tombés sur les cocktails de fruits de mer assez croustillants sont les plus heureux. On regrettera que la salade, mexicaine ou d’ailleurs, ait réservé la part belle au coeur de palmier. Servis délicieusement et sans fausses notes, les paellas manquaient d’épices. Rien à signaler pour le dessert, vite et certainement pas pour la note finale ; La petite misère de 435 dirhams pour quatre personnes. L’ère des tables chères serait-elle révolue ?
P.S : Auparavant l’un des garçons a eu tout le temps de confondre les boissons, de renouveler la commande puis de s’excuser avec toujours le sourire aux lèvres. Le tout en un temps record. Rien à dire sur le service.

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